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Qualifiée pour sa première Coupe du monde depuis 1974, la sélection d'Haïti a une lourde responsabilité en Amérique du Nord, alors qu'elle défie le mythique Brésil, quintuple vainqueur même s'il a perdu de sa superbe, samedi 20 juin (2h30) à Philadelphie. En l'occurrence, celle d'apporter un peu de bonheur à son peuple, miné depuis des années par la pauvreté, les calamités naturelles et le chaos politique.
Classés 83e au classement Fifa, les Haïtiens ont perdu d'une courte tête dimanche dernier pour leur entrée en lice face à l'Écosse (0-1), mais peuvent encore espérer faire un coup face à la Seleçao ou le Maroc, pour accrocher une place en seizièmes de finale. Quoi qu'il arrive, leur participation est déjà un immense exploit au vu du contexte. Dans ce pays des Caraïbes de 12 millions d'habitants, les dernières élections remontent à une décennie et près de 10% de la population a été déplacée en raison des violences des groupes criminels, qui règnent sur une partie du territoire depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021.
Quelques mois plus tôt, l'équipe du Belize avait été braquée par un groupe armé dans la capitale, Port-au-Prince, alors qu'elle venait jouer un match de qualification pour le Mondial au Qatar. Résultat ? Haïti joue désormais "à domicile" à l'étranger, par mesure de sécurité, son stade Sylvio-Cator étant de toute façon tombé aux mains des gangs, comme son centre d'entraînement. Curaçao, République dominicaine, Trinité-et-Tobago, Aruba, Barbade, Porto Rico, Canada, États-Unis… Les Grenadiers ont écumé toutes les enceintes possibles.














