Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Politique Politique Politique Justice Justice Justice Sophie Djigo a été la cible en 2022 d’une campagne de cyberharcèlement pour avoir mené un projet pédagogique autour des migrants, fustigé par l’extrême droite. Le tribunal de Paris a relaxé les élus qui avaient médiatisé l’affaire, au nom du droit au débat et à l’outrance. Article réservé aux abonnés La relaxe du président de Reconquête, Eric Zemmour, et d’élus Rassemblement national du Nord, le 9 juin, dans le procès en diffamation intenté par l’enseignante Sophie Djigo, suscite inquiétude et colère dans la communauté éducative et universitaire. Des intellectuels comme l’anthropologue Michel Agier, le sociologue Eric Fassin ou l’enseignante Laurence de Cock, ainsi que des organisations comme la Ligue des droits de l’homme ou le Snes-FSU, se mobilisent. Ils dénoncent, dans une tribune publiée dans Politis, L’Humanité ou encore Médiapart, mercredi 17 juin, un jugement qui « ne reconnaît aucune responsabilité aux différentes personnalités politiques et médiatiques dans le déclenchement d’une campagne de cyberharcèlement » à l’encontre de la professeure de philosophie. La décision « rend légitime la mise sous surveillance de notre liberté pédagogique et académique et donne la possibilité de les condamner publiquement sur les réseaux sociaux », affirment encore les signataires. Sophie Djigo a été victime en 2022 d’une vague de cyberharcèlement en raison d’un projet pédagogique autour des migrations et d’une sortie scolaire prévue à Calais. Ces messages haineux s’appuyaient sur le partage du programme de la sortie par le collectif Parents vigilants puis par des tweets, communiqués et articles émanant d’Eric Zemmour, de son parti Reconquête, d’élus RN des Hauts-de-France et de Riposte laïque. Après plusieurs mois en arrêt de travail et avoir été placée sous protection policière au moment des faits, la professeur de philosophie a intenté deux procès. Le premier pour cyberharcèlement s’est tenu en janvier et a abouti à la condamnation de cinq des six prévenus, avec des peines de cinq à huit mois de prison avec sursis. Le second a fait comparaître neuf responsables politiques et médiatiques d’extrême droite pour diffamation ou complicité de diffamation, et l’un d’eux pour injure publique envers un fonctionnaire. Il vous reste 60.89% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.