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Les faitsAuréolés de leurs armes « testées au combat », un must dans l’industrie de défense, les fabricants ukrainiens découvrent un marché européen encore timoré et saturé de régulations peu compatibles avec l’urgence de leurs besoins.

Dans le sillage de Fire Point, fabricant ukrainien champion des frappes de drones en profondeur, son principal actionnaire, Denys Shtilierman, sort de l’ombre. Cet homme de 51 ans au physique de videur de boîte de nuit se pose en rempart de l’Europe face aux missiles balistiques russes. Enchaînant les rencontres avec des responsables industriels et politiques au salon de l’industrie de défense Eurosatory, qui se tient à Villepinte (Seine-Saint-Denys) depuis lundi 15 juin, l’homme d’affaires affirme que son groupe peut devenir très rapidement l’intégrateur d’un système antimissile balistique rivalisant avec les systèmes américains Patriot et le franco-italien SAMP/T « Mamba », dont son pays manque cruellement.

Jusqu’ici très discret et controversé en Ukraine parce qu’il a longtemps détenu un passeport russe et qu’il est soupçonné d’avoir des liens d’intérêt avec l’entourage du président Volodymyr Zelensky, M. Shtilierman n’insiste désormais jamais assez sur l’hostilité envers l’envahisseur. Il met un point d’honneur à ne plus prononcer un mot en russe, préférant s’exprimer dans un anglais encore rugueux, bien que précis. L’entretien démarre par le don d’une carte postale représentant la Russie sur un fond quadrillé, la Russie « transpercée par les flèches de Cupidon de la démocratie ». Au centre, un cœur. « C’est la forme de notre viseur », s’amuse M. Shtilierman.