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ReportageDans la grande ville chiite du Sud, en grande partie détruite, peu d’habitants se risquent à un retour, malgré la mention d’un cessez-le-feu dans l’accord paraphé par les Etats-Unis et l’Iran.
Ahmad Nassar doit enjamber la lourde porte d’entrée, encastrée entre les canapés du salon et la table de la salle à manger, et ramasser les coussins éparpillés sur le sol jonché de débris de verre, pour se frayer un chemin jusqu’au balcon, à moitié arraché par le souffle d’un bombardement. De son appartement, au deuxième étage d’un immeuble du centre-ville de Nabatiyé, la grande cité chiite du sud du Liban, l’homme de 71 ans peut voir, mercredi 17 juin, l’impact du missile qui a détruit une maison traditionnelle juste en face, et un autre impact à proximité d’une mosquée déjà détruite lors de la guerre de 2024.
« C’est la merde !, s’exclame-t-il en français. Avec une seule bombe, Israël ravage tout un quartier. En 2024, il avait été détruit, mais pas à ce point. Davantage d’habitants étaient revenus après l’annonce d’un cessez-le-feu. Aujourd’hui, il n’y a plus rien : pas de vie, pas de magasins, plus de maisons. Les gens ont peur. Ils vont attendre de voir ce qu’il se passe avant de revenir. » Sur les 12 familles de son immeuble, M. Nassar est le seul à être rentré, mardi 16 juin. La veille, un cessez-le-feu avait été instauré entre Israël et le Hezbollah, après 105 jours de guerre, dans le cadre du protocole d’accord paraphé par les Etats-Unis et l’Iran, mercredi.











