Heidi.news. Genève s’est dotée en 2025 d’un plan directeur de l’innovation sur trois ans, qui a notamment pour objet de créer un fonds cantonal pour l’innovation. N’est-il pas paradoxal, dans une capitale financière, qu’il faille en appeler au public pour financer une économie de l’innovation privée? Dominique Foray. Je pense que ce fonds cantonal d'innovation est une bonne chose, même si ce n’est pas dans la tradition suisse. Dans notre pays, le financement privé de l’innovation et des start-up fait face à des difficultés. On a tenté de corriger cela dans la Loi fédérale sur les placements collectifs de capitaux, en autorisant les fonds de pension à investir jusqu’à 15% de leurs avoirs en private equity et en capital-risque pour financer des start-up et des PME innovantes, qui en général ne sont pas cotées en bourse. C’était en 2006. Vingt ans plus tard, malgré ce plafond de 15% autorisé, on atteint péniblement les 1,5%. C’est d’autant plus étonnant que la rentabilité de ce type d’investissements est supérieure à la rentabilité moyenne des autres investissements. Dans ces circonstances, on a besoin d’un fonds d'innovation public, pour peu évidemment qu’il soit bien géré et bien déployé.
«Genève ne devrait pas avoir une politique d’innovation, mais au moins cinq!» - Heidi.news
L'innovation au bout du lac, ça marche? L'économiste Dominique Foray, grand spécialiste du sujet, nous livre son analyse - et ça pique un peu






