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ReportageAux urgences du seul établissement en fonction près de la « ligne jaune », des blessés continuent d’affluer. Après la signature d’un protocole d’accord conclu entre Washington et Téhéran, Donald Trump a invité Israël à se montrer « plus responsable » au Liban, où plus de 3 800 personnes ont été tuées depuis le 2 mars.
Des ambulances de l’Association islamique de la santé (AIS, affiliée au Hezbollah) déboulent en trombe dans l’entrée des urgences de l’hôpital de Tebnine, mardi 16 juin, en milieu d’après-midi. Quatre jeunes hommes ensanglantés, en tee-shirt et bas de treillis, sont amenés sur des brancards. Les urgentistes de cet établissement hospitalier, le seul encore fonctionnel près de la bande frontalière dans le sud du Liban, se précipitent pour les prendre en charge. Les quatre jeunes hommes ont été la cible d’une frappe de drone israélien, à 5 kilomètres de là, sur la route entre Haris et Haddatha, un village occupé par l’armée israélienne.
Ali Sabra, 18 ans, serre les dents de douleur, les larmes aux yeux. Sa jambe saigne abondamment. Il part dans un éclat de rire en réponse à la boutade d’un ami. « Il m’a attrapé et m’a dit : “J’ai perdu ma jambe” », le tance Mohamed Mouzamar, 24 ans. Leurs blessures sont légères. La frappe de drone avait valeur d’avertissement. « Un petit drone quadricoptère a commencé à descendre au-dessus de nos têtes. Puis un gros drone a tiré une roquette à 10 mètres devant nous », raconte Ali Sabra. Les quatre amis s’étaient mis en tête d’aller, à scooter, voir si la maison de l’oncle de Mohamed à Haddatha tenait encore debout, au lendemain du cessez-le-feu décrété entre Israël et le Hezbollah, dans le cadre du protocole d’accord signé entre les Etats-Unis et l’Iran.









