Trois jours dans le même hôtel n’auront pas suffi pour faire asseoir ensemble le premier ministre canadien, Mark Carney, et le président américain, Donald Trump. Le sommet du G7 à Évian s’est conclu mercredi sans qu’aucune rencontre officielle en tête-à-tête n’ait lieu entre les deux hommes.Le chef du gouvernement canadien s’est défendu de ne pas avoir décroché de moment seul à seul avec son homologue américain, affirmant qu’ils avaient tout de même eu plusieurs occasions d’échanger.« J’ai eu […] probablement sept ou huit conversations avec lui sur plusieurs sujets, comme l’Ukraine, nos relations commerciales, l’économie mondiale, l’intelligence artificielle, son anniversaire, tout cela », a-t-il déclaré mercredi matin lors d’un point de presse à quelques pas de son hôtel, dans le décor pittoresque des Alpes françaises.
M. Carney a esquivé la question de savoir si les Américains lui avaient fourni une justification pour ce rendez-vous manqué. « M. Trump n’a pas eu beaucoup de bilatérales lors de cet événement. Ce n’est pas grand-chose, il n’y a pas de message [à y voir] », a-t-il insisté.Mis à part le président français Emmanuel Macron, qui était l’hôte du sommet, Donald Trump n’a rencontré aucun autre dirigeant du Groupe des Sept. Le locataire de la Maison-Blanche cherchait visiblement à profiter de l’événement pour faire progresser son protocole préliminaire de paix avec l’Iran, puisqu’il a plutôt privilégié des rencontres bilatérales avec les chefs d’État des pays invités : l’Inde, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Égypte.Les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont toutefois fait l’objet d’une réunion en marge du sommet. Le ministre fédéral Dominic LeBlanc et la négociatrice commerciale en chef, Janice Charette, se sont entretenus mardi soir à Évian avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Les deux responsables canadiens n’avaient toutefois rien à annoncer à l’issue de cette rencontre.Trump questionne Carney sur la ChineMalgré l’absence de rencontre bilatérale officielle, MM. Carney et Trump ont bel et bien eu des échanges informels entre les réunions du sommet — dont l’un a été capté par un micro ouvert, mardi. Le premier ministre canadien paraissait défendre son accord sur les véhicules électriques conclu avec Pékin en janvier.C’est le président américain lui-même qui aurait demandé à M. Carney de lui fournir davantage de détails sur cette entente, a-t-on appris le lendemain. « Ce n’est pas une surprise que le président des États-Unis ne connaisse pas tous les détails de tous les accords du Canada avec d’autres pays », a tempéré M. Carney durant son point de presse.Il a ensuite précisé que Donald Trump « apprécie » la structure de cette entente, qui plafonne à 49 000 véhicules chinois importés par an au Canada, et que les deux avaient eu une conversation subséquente sur le sujet.













