Publié à 12h11
Mis à jour à 12h26
Critique
Faut-il vraiment représenter le concept magistral à la base de cette épopée ? Les films d’animation de la série Histoire de jouets (Toy Story) s’organisent autour de cette fabuleuse convention narrative, empruntée à Hoffmann et à son Casse-noisette (1816), voulant que les jouets s’animent dès que les humains ne les voient pas. Ils ont une conscience, des émotions, une personnalité et forment une minisociété organisée autour de cette règle de base de ne jamais (ou presque) prendre vie en présence des adultes ou des enfants.Le premier film datant de 1995 racontait l’introduction perturbante pour le vintage shérif Woody du très moderne cosmonaute Buzz dans le groupe des jouets du jeune Andy. Le deuxième film suivait l’enlèvement de Woody par un collectionneur et introduisait l’adorable cow-girl Jessie. Le troisième volet racontait les mésaventures du groupe prisonnier d’une garderie sous la botte d’un toutou tyran, puis heureusement léguée à la petite Bonnie. Au quatrième tour, pendant un voyage en camping-car de la famille de Bonnie, Woody retrouvait son amoureuse, la Bergère, dans une fête foraine endiablée.
Nous voici donc à la cinquième version. Woody (doublé par Tom Hanks en version originale), Buzz (Tim Allen), Jessie (Joan Cusack) et les autres personnages iconiques (dont les Patates, toujours genrées) sont maintenant face à une crise existentielle : Bonnie, toujours timide et solitaire, mais débordante d’imagination, a reçu en cadeau une nouvelle tablette électronique baptisée Lilypad. Comme tous les enfants, la fillette délaisse ses jouets pour se river à l’écran connecté. Pour eux, « c’est l’extinction, une seconde fois », comme le résume bien le dinosaure Rex, toujours aussi peureux. Un autre personnage observe que si les jouets ne servent qu’à jouer, la technologie, elle, sert à tout.Le canevas se complique et il ne faut pas trop en dire pour ne rien divulgâcher. On peut au moins souligner que de nouveaux personnages apparaissent, des ancêtres électroniques rendus obsolètes, dont Smarty Pants, en forme de crochet et de rouleau de papier de toilette qui servait autrefois à entraîner les enfants à la propreté. Après des années passées dans un cabanon, il est étonné et fier de découvrir que sa propriétaire devenue grande va au petit coin toute seule. L’animateur humoriste Conan O’Brien lui prête sa voix en anglais.










