Monde Asie - PacifiqueXi Jinping, l'homme fort de Pékin qui rêve de dépasser MaoAsie. Le ministère chinois de la Sécurité de l'Etat accuse les services de renseignement étrangers d'utiliser des "tortues espionnes" et des "poissons espions" pour enregistrer des données sur les fonds marins. Par Albane de Trémiolles Publié le 16/06/2026 à 16:57Photo d'illustration d'une tortue marine dans son habitat naturel.DECOUVRE TA NATURE/MAXPPPFaut-il vraiment croire Pékin ? Le vendredi 12 juin, le ministère chinois de la Sécurité de l'Etat a accusé les services de renseignement étrangers d'utiliser des animaux marins comme outil d'espionnage. Sur l'application WeChat, Pékin évoque des tortues et des poissons utilisés pour récolter des données sensibles dans les eaux chinoises.Comme le rapporte Courrier international, citant le média chinois Fenghuang Wang,"traditionnellement, les histoires d’espionnage se déroulent au sommet d’un gratte-ciel, dans un laboratoire ou derrière un mur d’écrans d’ordinateur, mais elles peuvent aussi nous plonger dans les profondeurs marines."D'après Pékin, le principe consiste à poser un boîtier sur le dos de tortues ou de poissons puis de les relâcher dans les eaux chinoises afin qu'elles circulent en toute discrétion sans que cela ne paraisse suspect. Le boîtier contient un capteur capable d'enregistrer la température de l'eau, la salinité et les courants océaniques afin de les transmettre à l'étranger par satellite.Le ministère chinois estime que ces opérations se déroulent dans le contexte d'une "guerre secrète invisible". Ces méthodes reposent sur des équipements légers et sophistiqués, conçus pour passer inaperçus. En effet, grâce aux données récoltées, les agences d'espionnage et de renseignement étrangères peuvent tracer des cartes sous-marines afin d'établir les faiblesses des défenses côtières chinoises. La Chine n'est pas la première à affirmer que des animaux seraient utilisés à des fins d'espionnage. Depuis la guerre froide, la CIA a développé plusieurs programmes ayant pour but d'utiliser des animaux comme outil d'espionnage. Des chats ont notamment été équipés de microphones afin d'en faire des dispositifs d'écoute. Et des programmes tels que Oxygas et Chirilogy avaient pour but de dresser les dauphins à poser des explosifs sur des navires soviétiques. Plus récemment, la Russie a été soupçonnée d'avoir utilisé le béluga Hvaldimir à des fins d'espionnage en Norvège. En 2019, le cétacé a été retrouvé dans les eaux norvégiennes équipé d'un harnais conçu pour fixer une caméra et d'autres équipements, portant l'inscription "Equipment St. Petersburg".Des accusations réciproquesLes accusations de Pékin ne se limitent pas aux "tortues espionnes". Le ministère chinois de la Sécurité d'Etat a affirmé avoir découvert des Wave Gliders, un modèle de drone maritime autonome développé par l'entreprise américaine Liquid Robotics. Selon la Chine, ces appareils permettent de transmettre des informations militaires sur l'activité des navires chinois. Des bouées ont aussi été découvertes par le ministère. Celles-ci sont dotées d'un système de capteurs météorologiques permettant de suivre en temps réel les empreintes sonores des sous-marins chinois. Selon The Guardian, pour faire face à ces menaces, Pékin offre dorénavant une somme entre 50 000 à 500 000 yuans pour la découverte de dispositifs d'espionnage dans les eaux chinoises. Ces accusations s'inscrivent dans un contexte de tensions très fortes entre Pékin et les gouvernements occidentaux. Ce n'est pas la première fois que la Chine accuse l'Occident d'espionnage et réciproquement. Le 20 mai, en Allemagne, un couple de ressortissants allemands a été arrêté à Munich, soupçonné d'avoir espionné au profit de la Chine. Et inversement, le 12 juin, un citoyen américain, Min Zin a été arrêté en Chine pour des activités d'espionnage. Le ministère chinois n'a toutefois désigné aucun pays comme responsable de ces opérations présumées.