Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a annoncé vouloir faire adopter une loi en ce sens “avant Noël”, emboîtant le pas à l’Australie et l’Indonésie. L’interdiction concernera notamment Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook et X. Mais pas les applications de messagerie comme WhatsApp et Signal. DEEPOL by plainpicture Par Télérama, avec AFP Publié le 15 juin 2026 à 10h54 «La façon dont nous protégeons les enfants en ligne est l’un des plus grands débats de notre époque », avait déclaré Keir Starmer en amont de sa prise de parole du lundi 15 juin. Le Premier ministre britannique a tranché : le Royaume-Uni va interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 16 ans. Il défend ainsi une « étape importante » pour le pays et les familles. « Les réseaux sociaux rendent les enfants malheureux. Ils facilitent le harcèlement et les abus », a encore déclaré Keir Starmer. Il a précisé vouloir faire adopter une loi en ce sens « avant Noël » pour que l’interdiction entre en vigueur « au début de l’année prochaine, probablement vers le printemps ». L’interdiction concernera notamment Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook et X. Mais pas les applications de messagerie comme WhatsApp et Signal. À ce stade, plusieurs pays, dont l’Australie, pionnière en la matière, ou encore l’Indonésie, ont mis en place cette interdiction. Le Canada a annoncé jeudi son intention de faire de même, tandis qu’un projet de loi en ce sens est à l’étude au Parlement français pour les moins de 15 ans. À lire aussi : L’interdiction des réseaux sociaux aux ados, en Australie, ça ne marche pas Keir Starmer a aussi indiqué que son gouvernement allait prendre « des mesures inédites à l’échelle mondiale concernant les plateformes de jeux vidéo et de streaming, où actuellement des inconnus peuvent contacter n’importe quel enfant sans aucun contrôle ». Pas une solution miracle Cette décision intervient à l’issue d’une consultation nationale sur le sujet. Lancée en janvier, elle s’est achevée fin mai et a recueilli environ cent seize mille contributions, dont celles d’adolescents, ce qui en fait la deuxième plus large de l’histoire du pays, selon Downing Street. Plus de 83 % des parents ayant répondu à cette consultation ont déclaré que les risques des réseaux sociaux l’emportaient sur leurs avantages pour les enfants, 91 % d’entre eux soutenant un âge minimum de 16 ans avant que les plateformes ne puissent proposer leurs services aux mineurs. Interrogée dimanche sur la BBC, la ministre de la Culture, Lisa Nandy, a reconnu que l’interdiction des réseaux sociaux n’était pas « une solution miracle ». Il existe un risque que les enfants « contournent » la future loi, comme ils peuvent le faire de lois actuelles interdisant par exemple la consommation d’alcool, a aussi affirmé Keir Starmer lundi. À lire aussi : Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : “Il y a une attente très forte des parents” « Mais nous ne disons pas : “Oh regardez, un adolescent a réussi à boire de l’alcool, donc autant ne pas interdire la vente d’alcool aux enfants.” […] Ce serait complètement absurde, et je n’accepte tout simplement pas cet argument. Les lois sont des règles, mais ce sont aussi l’expression de nos valeurs. Elles façonnent le contrat social », a affirmé le Premier ministre. Reste que le sujet divise familles et associations. Ian Russell, dont la fille Molly s’est donné la mort à 14 ans après avoir visionné des contenus faisant l’apologie du suicide, s’est toujours dit opposé à une interdiction. À l’inverse, Esther Ghey, la mère de l’adolescente transgenre Brianna Ghey, dont le meurtre par deux adolescents en 2023 a suscité une onde de choc dans le pays, y est favorable. Le 8 juin, le gouvernement a sommé les géants de la tech comme Apple ou Google de déployer dans les trois mois des outils bloquant l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites par des mineurs, faute de quoi il légiférera en ce sens. À lire aussi : Ados et réseaux sociaux : bloquer l’accès en-dessous d’un certain âge, piste en vogue mais vrai casse-tête Enfants Réseaux sociaux Adolescents Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner