Des centaines de milliers d’amateurs de soccer sont attendus le mois prochain à Kansas City, au Missouri, pour la Coupe du monde. Beaucoup arriveront de pays où l’on emprunte couramment l’autobus et le train.Leurs hôtes du Midwest sont prêts à les impressionner avec leurs burnt ends [plat de viande], leur jazz et leurs nouvelles installations de soccer. Mais les autorités savaient que le réseau limité de transport collectif de Kansas City n’allait guère éblouir les visiteurs venus d’Europe, d’Amérique du Sud et d’ailleurs.Elles en ont donc créé un nouveau.Il sera temporaire, réservé à la Coupe du monde. Mais des fonds publics financeront une partie de la facture pour déplacer les partisans venus de l’étranger dans une région diffuse, à cheval sur deux États et largement pensée pour l’automobile, grâce à un réseau de transport provisoire sans équivalent dans l’histoire moderne de Kansas City.La FIFA, l’instance dirigeante du soccer, qui devrait tirer des milliards de dollars du tournoi, ne paie pas les vastes améliorations en matière de transport, de sécurité et d’infrastructures souvent nécessaires pour accueillir des matchs de Coupe du monde.
Les villes, les États et les donateurs privés dépensent donc des millions pour ces matchs, les responsables misant sur les retombées économiques pour justifier la dépense. La plupart des 11 régions hôtes aux États-Unis ont d’abord accueilli l’événement favorablement, acceptant son coût élevé comme le prix à payer pour se retrouver sous les projecteurs du monde entier.Les villes hôtes ont dépensé beaucoup pour accroître le service ferroviaire, acheter de l’équipement policier et élaborer des plans de circulation pour ce spectacle de soccer de cinq semaines, souvent sans savoir clairement quelle part des coûts leur serait remboursée. Mais ces dernières semaines, à mesure que les perturbations à la vie quotidienne se précisaient, les critiques se sont multipliées.Les navetteurs de New York feront face à une fermeture partielle de la gare Pennsylvania les jours de match au MetLife Stadium, situé tout près, à East Rutherford, au New Jersey, où le stationnement sera fortement restreint. La flambée des coûts de sécurité a d’abord incité NJ Transit à fixer à 150 $ le tarif aller-retour en train pour les matchs de la Coupe du monde, tandis que Boston demandera 95 $ pour ses autobus express.« Comme je l’ai dit à maintes reprises, la FIFA devrait assumer le coût du transport de ses partisans », a déclaré la gouverneure du New Jersey, Mikie Sherrill, au sujet de ces tarifs élevés, qui ont été ramenés la semaine dernière à 105 $.Ailleurs, les coûts ont aussi suscité des résistances. À Foxborough, au Massachusetts, banlieue de Boston qui accueillera des matchs, les responsables municipaux ont refusé de payer la facture de sécurité, provoquant une impasse qui ne s’est résolue que lorsque les propriétaires du stade et le comité hôte local ont accepté d’en assumer les coûts.À Kansas City, la moins populeuse des régions métropolitaines américaines qui accueilleront des matchs, les responsables et les résidents semblent avoir largement saisi l’occasion — et accepté le coût des besoins en transport et autres services qui l’accompagnent. Les États du Kansas et du Missouri ont versé ensemble 70,5 millions de dollars au comité organisateur. L’administration locale de Kansas City, au Missouri, a ajouté environ 15 millions.Six matchs de la Coupe du monde seront disputés au vénérable mais vieillissant Arrowhead Stadium, à Kansas City, et quatre équipes, dont certaines des plus grandes du sport, établiront leur camp de base dans la région pour l’été. Des inquiétudes persistent toutefois quant à savoir si l’afflux de visiteurs répondra aux attentes. Dans un rapport publié la semaine dernière par l’American Hotel&Lodging Association, de 85 % à 90 % des hôtels sondés dans la région de Kansas City ont fait état de réservations inférieures aux prévisions pour la Coupe du monde, le pire résultat parmi les sites hôtes américains.Le comité organisateur local déploiera une flotte de 220 autobus pour transporter les spectateurs de l’aéroport vers le centre-ville, puis du centre-ville vers les hôtels, les quartiers de divertissement et d’autres lieux au Missouri et au Kansas. Les billets resteront beaucoup moins chers qu’au New Jersey ou au Massachusetts.Dans les banlieues du Kansas, des administrations locales consacrent des centaines de milliers de dollars à leur propre ligne d’autobus temporaire. Même une extension longtemps planifiée du réseau de tramway de la ville sera mise à contribution.La Coupe du monde sera de loin le plus grand événement de l’histoire de la ville, disent les responsables, et l’occasion de présenter au monde une région d’environ 2,3 millions d’habitants. Les organisateurs aiment comparer les six matchs prévus à six Super Bowls — un événement sportif que Kansas City a remporté, mais n’a jamais accueilli.« Je pense que nous nous sommes toujours un peu perçus comme négligés, en quelque sorte, parce qu’on nous a collé l’étiquette de ville de transit ou de petite ville », a déclaré Mike Kelly, président du conseil des commissaires du comté de Johnson, au Kansas, et membre du conseil du comité organisateur de la Coupe du monde. « Nous sommes fiers de ce qui se passe ici, alors je crois que beaucoup de gens sont enthousiastes à l’idée de le montrer. »













