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ReportagePour alimenter la transition énergétique mondiale, l’extraction sauvage des minéraux critiques a explosé en Birmanie. Elle entraîne une crise environnementale et sanitaire dans les rivières du nord de la Thaïlande qui alimentent le Mékong.

C’est une ondulation sans fin de collines boisées d’où surgit, à travers les brumes tropicales, une rivière large et puissante, la Kok. Depuis sa source dans l’Etat Shan, en Birmanie, elle serpente vers le sud, franchit la frontière thaïlandaise et atteint Thaton, un bourg paisible où son lit est enjambé par l’unique pont de la région.

Ici, l’eau est un fleuve de vie. Pour les 20 000 habitants des communautés ethniques locales, la Kok accompagne l’existence de la naissance à la mort. On y apprend à nager avant de savoir marcher, on y pêche, et, chaque année, trois festivals rituels voient des radeaux d’offrandes agricoles honorer son esprit. Mais depuis l’hiver 2024-2025, la prodigieuse générosité de cet affluent majeur du Mékong s’est brisée. La Kok transporte désormais un poison invisible : l’arsenic et les métaux lourds.