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ReportageLa crise énergétique provoquée par la guerre au Moyen-Orient accroît les vulnérabilités des petits pompistes en zone rurale, contraints de proposer l’essence et le gazole à des tarifs très élevés.
A un moment, vers la mi-mars, une drôle d’idée a traversé l’esprit de Guillaume Tassié. Pourquoi ne pas charger une grosse cuve sur sa remorque, rouler jusqu’à une grande surface, récupérer un maximum de carburant pour alimenter sa propre station-service à un coût moins exorbitant ? Un projet vite écarté. « On cherchait des solutions, mais là, ce n’était pas raisonnable », convient le pompiste de 40 ans. Pas raisonnable, comme les prix qu’il se doit d’afficher depuis plus de trois mois et le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, chez lui à Bourdeaux, village drômois de 700 âmes. En cette première semaine du mois de juin, le totem annonce 2,26 euros le litre de SP95 et 2,25 pour le gazole.
L’endroit est l’une de ces stations-service traditionnelles indépendantes comme on en croise de moins en moins sur les routes de France. Deux pistolets à la sortie du bourg, le long de la départementale qui file vers Crest, dans un décor de carte postale dominé par la montagne de Couspeau. Attenant, un garage à la façade rénovée dans l’esprit des années 1950, l’époque de sa création, celle du triomphe de l’automobile. Six personnes travaillent ici, au GMC 26. Dans le bureau, il reste toujours la vieille caisse enregistreuse et une photo en noir et blanc de « Roland », le précédent propriétaire, les mains dans un moteur de voiture. Trouver un repreneur lui avait pris deux ans.












