Présentant les œuvres d’une centaine d’artistes, la huitième Biennale d’art contemporain autochtone (BACA) est la plus grande de toutes. La plus internationale aussi : il n’y a pas que l’île de la Tortue qui est représentée, la Cemanahuac (Mésoamérique) et l’Aotearoa (Nouvelle-Zélande) aussi, en plus d’autres coins du monde.Des artistes d’Amérique centrale, de l’El Salvador en particulier, il n’y en avait jamais eu en aussi grand nombre au Québec. C’est grâce à Armando Perla, commissaire (avec Michael Patten, directeur de la BACA) de l’événement en cours depuis la mi-avril. La thématique « Traverser le territoire » n’aurait pas pu mieux illustrer ses objectifs.
Mestizo queer originaire de Sonsonate, région à quelque 70 km de San Salvador, aujourd’hui spécialiste des musées vivant au Canada, l’admet d’emblée : « L’idée était d’amener des artistes de Mésoamérique [une partie du Mexique et ses proches voisins], parce que c’est là d’où je viens, c’est ce que je connais. J’ai souvent eu l’impression que nous n’avions pas de reconnaissance. C’était mon argument : des artistes, il y en a, et beaucoup. »À ses yeux, la BACA est « un cheval de Troie » qui s’est introduit dans un milieu en semant, édition après édition, des artistes autochtones. Voici qu’il revient avec des Nahuas, ce qu’Armando Perla est en partie, et des Mayas, mais aussi des Maoris. Chacun des neuf lieux (galeries, maisons de la culture, musées), à Montréal et en région, mélange tout ce beau monde.








