À Montréal et à Longueuil, Québec fera presque doubler le financement des patrouilles mixtes composées d’un policier et d’un intervenant de la santé ou des services sociaux. Des organismes estiment toutefois que ces équipes contribuent à un climat de « surveillance » dans les milieux de vie des personnes en situation d’itinérance.Sur le terrain, ces escouades interviennent auprès de personnes en crise, généralement dans l’espace public, afin de les orienter vers des ressources d’hébergement ou des soins. Le financement destiné aux patrouilles mixtes des deux villes passera ainsi de 425 000 $ l’an dernier à 800 000 $ cette année. Les sommes avaient été annoncées dans la mise à jour économique du gouvernement québécois à l’automne 2025.Concrètement, quatre personnes seront ajoutées aux équipes montréalaises dès cet été, tandis que trois autres le seront à Longueuil. Ces deux endroits ont été retenus parce que leurs escouades étaient prêtes à être déployées rapidement, explique en entrevue le ministre responsable des Services sociaux et de la Lutte contre l’itinérance, Lionel Carmant.L’une des équipes sera désormais affectée plus particulièrement au secteur de la Maison Benoît Labre, dans le sud-ouest de Montréal, où se trouve entre autres un site de consommation supervisée. « On a eu beaucoup de difficultés de cohabitation là-bas et dans les environs. Ça va donc être intéressant d’avoir une présence sur place plutôt que de juste sillonner la ville en attente d’une crise », soutient M. Carmant.Le rehaussement du financement des escouades mixtes est une demande de longue date du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), affirme son directeur, Fady Dagher. « On n’est pas des travailleurs sociaux. On souhaite donc être accompagnés par des experts. »À Longueuil, les besoins se font aussi sentir, rappelle le directeur du Service de police de l’agglomération, Patrick Bélanger. En 2025, 61 % des demandes reçues par son organisation n’étaient pas de nature criminelle. Parmi celles-ci, plusieurs concernaient des interventions psychosociales.Il se réjouit donc de l’ajout de personnel, qui permettra d’étendre les heures de couverture des escouades mixtes.Au total, on compte 63 patrouilles mixtes déployées à l’échelle du Québec, indique le ministre. En 2025-2026, elles ont effectué plus de 29 000 interventions auprès d’environ 12 000 personnes. « On va continuer à bonifier ces équipes dans le futur », affirme-t-il.