Publié le 12/06/2026 20:05

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Geoffroy Roux de Bézieux, l’ancien président du MEDEF, est l’invité de "Tout est politique", jeudi 11 juin.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Geoffroy Roux de Bézieux, l’ancien président du MEDEF, est l’invité de Tout est politique, jeudi 11 juin. Il partage notamment son expertise sur la tarification dynamique des billets pour la Coupe du monde de football. Franceinfo : Geoffroy Roux de Bézieux, (...) cette Coupe du monde de foot, elle est hors de prix. On le voit notamment à cause de ce nouveau principe de la tarification dynamique. Ça vous choque? Ou est-ce que le président de la FIFA a raison de dire que c'est la réalité du marché ?Geoffroy Roux de Bézieux : Je vais faire mon quart d'heure gauchiste. Je trouve que c'est un peu les limites du foot business. Toute la difficulté, c'est que c'est à la fois un business et la FIFA, ce n'est pas une entreprise – enfin ce n'est pas une entreprise en l'occurrence, on ne se distribue pas de profit – mais on cherche à maximiser. Mais il y a un côté sport populaire qui appartient à tout le monde, donc on essaie de lutter entre les deux. Je trouve que là, ça va trop loin de demander à quelqu'un 4 000 euros. Il y a le billet d'avion pour aller là-bas, et le logement, etc. Donc en réalité, finalement, le prix des places, ce n'est peut-être pas l'énorme sujet. Mais quand on tire trop sur la corde, même quand on est dans le business, quand on augmente trop ses prix, il y a un moment, le consommateur s'en va. Donc, je me demande si la FIFA n'est pas en train d'aller un peu trop loin. C'est devenu un symbole de la mondialisation pour vous, le foot et la Coupe du Monde ? Oui et non. D'un côté, il y a 48 équipes. Puis c'est le sport universel, sauf paradoxalement aux États-Unis où c'est moins populaire. Mais en même temps, comme vous le savez, c'est très concentré. Les champions du monde, c'est toujours à la fin une équipe européenne ou une équipe sud-américaine. Je ne suis pas spécialiste, mais c'est à peu près ça. Je ne sais pas si c'est le symbole. D'une certaine manière, on est en démondialisation sur le plan économique. Finalement, il y a au moins une bonne chose, c'est qu'on invite tout le monde. Ils ont invité l'Iran. Alors, il y a les histoires de visa, etc. Vous savez, historiquement, en Grèce, c'était la trêve olympique. On arrêtait les combats entre Sparte, etc. Bon, il y a un petit peu de ça quand même qui reste, donc c'est important de garder ça. Ce n’était peut-être pas la peine de mettre des places à 4 000 ou à 3 000. Est-ce que vous pensez, par rapport à cette Coupe du Monde, et par rapport notamment à l'équipe de France, dans un moment où on sent qu'il y a une certaine crispation chez les Français, est-ce que ça peut faire du bien si l'équipe de France va loin, gagne ? Pour l'économie, est-ce qu'on verra un effet économique si l'équipe de France gagne cette troisième étoile ? Évidemment, c'est pareil que les JO, c'est-à-dire l'économie, c'est d'abord la confiance. Vous savez, j'ai dit souvent aux politiques: "Ne faites rien. Ne changez pas les règles et vous créez un peu de confiance et de stabilité." C'est vrai pour les patrons, c'est vrai aussi pour les consommateurs. On achète une voiture, on achète un appartement, quand on se dit que les règles ne vont pas trop changer, que l'avenir est à peu près assuré. Et le feel-good factor de la Coupe du Monde, ça crée de l'optimisme. Mais il ne faut pas se surestimer, c'est-à-dire que c'est un moment qui dure quelques mois, et on retombe dans la réalité.Et la réalité, elle n'est pas très encourageante. Là, à l'instant, Donald Trump indique que finalement, il annule les frappes très fortes qu'il avait annoncées pour ce soir. Il évoque la possibilité d'une signature. On va prendre évidemment tout ça avec beaucoup de prudence. La réalité, c'est que le détroit d'Ormuz est toujours bloqué. C'est qu'on est rentré dans une période d'inflation qui ne va pas s'arrêter comme ça. On a vu que la BCE avait augmenté ses taux de 0,25 point. Il y a une inquiétude durable qui est en train de s'installer sur l'économie européenne et sur la France ? Mondiale, oui, bien sûr. C'est exactement ce mot-là : l'incertitude. Et l'incertitude, elle crée, finalement, des réflexes. On met le pied sur le frein. Pour un patron, c'est le pied sur le frein sur les investissements, sur les embauches. On ralentit. (...) Finalement, on peut regarder des choses comme le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein, avec un pétrole à 95 dollars, une guerre en Ukraine et une guerre dans le détroit d'Ormuz, ce n'est pas la catastrophe qu'on aurait pu craindre. Mais ce qu'il y a, c'est que ça s'installe durablement et que moi je crains pour l'année 2027, avec en plus les particularités françaises qui sont des problèmes de compétitivité qui ne sont pas nouveaux, des problèmes de dette et une élection qui va encore plus polariser les choses.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité