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PortraitLe designer nord-irlandais de 41 ans entame sa deuxième année dans la maison de l’avenue Montaigne comme il avait commencé : sur les chapeaux de roue. Pourtant, cet érudit au charisme certain semble s’en sortir sans mal, alternant les collections chez Dior, pour sa marque JW Anderson et avec le géant japonais Uniqlo. Persuadé sans doute qu’il est lancé dans une œuvre de longue haleine.
« Demain, ça fera pile un an que je suis chez Dior, ressenti vingt », glisse, pour amuser son auditoire, Jonathan Anderson au milieu d’une longue phrase sur l’image de la maison de couture française. « C’est une marque très particulière, avec laquelle les gens ont un lien affectif. Ils projettent sur elle leurs névroses et leurs fantasmes », poursuit le directeur artistique dans un flot ininterrompu de paroles qui ne laisse pas le temps de le questionner. Mercredi 13 mai, dans la torpeur d’un après-midi californien, Jonathan Anderson donne une interview à quelques journalistes européens venus à Los Angeles assister à son premier défilé croisière pour Dior.
Comme à son habitude, il est à la fois professionnel et charmeur. Sur le parvis du Musée d’art du comté de Los Angeles (Lacma), à l’ombre de la spectaculaire nouvelle aile inaugurée quelques jours plus tôt, où le show aura lieu dans la soirée, il passe en revue les looks les plus importants de la collection, évoque les contours de sa mission et, l’air de rien, laisse entendre que son travail est usant. Son hâle estival et sa bonne mine ne laissent pourtant pas entrevoir une once de fatigue. Mais, si on s’en tient aux faits, le designer nord-irlandais de 41 ans a de quoi être épuisé.






