C'est un énième revirement de la part de Donald Trump. Quelques heures seulement après avoir promis de "frapper l'Iran très durement", le président américain a annoncé leur annulation jeudi 11 juin. Au motif, une fois de plus, qu'un accord serait "imminent". Selon ses dires, les dirigeants iraniens auraient "approuvé" un projet d'accord prolongeant le cessez-le-feu, rouvrant le détroit d'Ormuz et lançant 60 jours de négociations sur le programme nucléaire iranien."Compte tenu du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été portées au plus haut niveau de la direction iranienne et approuvées, j'ai, en tant que président des États-Unis d'Amérique, annulé les frappes et les bombardements prévus ce soir contre l'Iran", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.Un appel à l'origine de son renoncementEn réalité, Donald Trump aurait renoncé à continuer ses frappes contre l'Iran - reprises mercredi - à la suite d'un appel de l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, du président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, et du chef d'état-major des armées pakistanaises, Asim Munir, selon les informations de Politico. Ces derniers l'auraient assuré qu'un accord était à portée de main et convaincu de faire marche arrière.Le média Axios, citant trois sources proches des négociations, assure de son côté que des points de divergence majeurs ont été comblés mercredi lors de discussions entre responsables iraniens et médiateurs qataris. Même l'agence de presse iranienne officielle Fars a déclaré qu'il était "possible" que Téhéran envisage de signer l'accord. Un accord dès ce week-end ? L'Iran temporiseLe président américain a affirmé qu'un accord pourrait être signé "très bientôt, peut-être même ce week-end en Europe". "Nous venons de conclure un excellent accord sur le conflit iranien et nous attendons la finalisation des documents", a déclaré Donald Trump aux journalistes dans le bureau Ovale jeudi après-midi. S'il est confirmé, cet accord constituerait la percée diplomatique la plus importante à ce jour pour mettre fin à la guerre qui dure depuis trois mois, a fait des milliers de morts et fait s'envoler les prix de l'énergie.A ce stade, la République islamique temporise néanmoins. Aucune décision définitive n'a été prise concernant un accord de paix avec les Etats-Unis, a ainsi souligné jeudi soir l'Iran. Les médias du pays ont cité un porte-parole du ministère des Affaires étrangères disant qu'une bonne partie du texte avait été finalisée, mais que Téhéran ne ferait pas de compromis sur ses lignes rouges. "Nous ne sommes pas parvenus à une conclusion définitive sur cette question", a-t-il dit. "Il s'agit d'une question très importante qui est en train d'être examinée par les autorités compétentes."Reste à voir ce que contiendrait précisément cet accord. D'après un responsable israélien et une source proche du dossier cités par Politico, il semblerait que l'accord porte uniquement sur la réouverture du détroit d'Ormuz et la levée du blocus américain de cette voie maritime vitale. Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré la semaine dernière devant le Congrès que des discussions nucléaires approfondies nécessiteraient plus de temps, la réouverture du détroit d'Ormuz constituant une première étape.Pour autant, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou - dont le pays n'est pas partie prenante à l'accord - a salué les efforts menés par Donald Trump pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Ce dernier a déclaré sur les réseaux sociaux que l'accord avait été approuvé par des pays comme Israël, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis.
Un accord "ce week-end" ? Pourquoi Donald Trump a finalement renoncé à frapper l'Iran
De hauts responsables du Qatar, des Émirats arabes unis et du Pakistan auraient appelé Donald Trump et l'auraient convaincu qu'un accord était à portée de main, poussant ce dernier à renoncer à ses frappes prévues jeudi soir.













