Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Affaire de Bétharram Affaire de Bétharram Affaire de Bétharram Victime de coups assénés par un religieux dans l’école privée des Pyrénées-Atlantiques, Hélène Perlant sonde les lettres et les arts dans un nouvel essai afin de tenter de disséquer les mécanismes d’emprise et de perversion qui préparent la violence. Article réservé aux abonnés Livre. Elle est apparue en plein cœur de l’affaire de Bétharram, chevelure couleur feu et grands yeux de biche parfois affolés par la lumière des projecteurs. En rejoignant la cohorte des victimes pour expliquer qu’elle aussi en fit partie, Hélène Perlant, agrégée de lettres et fille de l’ancien premier ministre et ancien maire (MoDem) de Pau, François Bayrou, a donné au scandale un tour encore plus dramatique. Par son témoignage, elle voulait montrer que personne n’était protégé au sein de l’institution catholique des Pyrénées-Atlantiques, et surtout pas les « filles et fils de », qui servaient à la fois de caution et d’appâts pour les familles en quête d’une bonne éducation pour leurs enfants. « Dans cet établissement, j’ai servi, sans le savoir, à rendre possible le recrutement d’enfants fragiles, voués à devenir des victimes », écrit-elle dans Le Déni (Michel Lafon, 264 pages, 19,95 euros). Au printemps 2025, elle avait raconté comment elle avait été tabassée par un religieux, sans raison mais avec fureur, devant ses camarades lors d’un séjour au grand air. Elle avait dit la terreur et le silence, l’incrédulité et le déni, elle qui n’avait jamais « su » les actes pédophiles qui se déroulaient presque sous ses yeux, alors que suintaient partout « les propos déplacés, les obsessions dérangeantes, l’atmosphère intenable », les allusions sexuelles et obscènes permanentes de la part des prêtres. Sa confession avait contribué à déstabiliser son premier ministre de père, qui jure n’avoir été au courant de rien de ce qui se passait sur son territoire et au sein d’un établissement auquel il avait confié plusieurs de ses enfants. Ce n’était pas le but de celle qui avait tout fait jusque-là pour faire oublier son ascendance, en abandonnant très jeune son nom, allergique à la politique et à son corollaire, la médiatisation. Avec Le Déni, cette enseignante en classes préparatoires à Bordeaux tente de donner des clés pour tenter de comprendre l’engrenage terrifiant qui s’est mis en place à Bétharram, conduisant à des décennies de violences et d’abus, en toute impunité. Elle décortique l’emprise, la perversion, la transgression, mais aussi l’impossible secours des figures parentales. « Quand on est agressé, ce n’est pas à l’agresseur qu’on en veut le plus. C’est à sa mère qui n’a rien vu », relève-t-elle. Il vous reste 26.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Dans « Le Déni », Hélène Perlant, la fille de François Bayrou, cherche à penser l’inconcevable des violences commises à Bétharram
Victime de coups assénés par un religieux dans l’école privée des Pyrénées-Atlantiques, Hélène Perlant sonde les lettres et les arts dans un nouvel essai afin de tenter de disséquer les mécanismes d’emprise et de perversion qui préparent la violence.
Hélène Perlant, fille de l'ex-PM Bayrou, publie « Le Déni » relatant ses violences à l'école catholique de Bétharram. Son analyse expose comment l'emprise et la perversion ont rendu possibles des décennies d'abus impunis dans cette institution.










