Monde Proche et Moyen-OrientDonald TrumpMoyen-Orient. Depuis des mois, le président américain affirme qu’un accord avec Téhéran est à portée de main. Une promesse répétée à 38 reprises selon CNN, malgré l’absence de résultat concret.Publié le 11/06/2026 à 10:40Donald Trump ne cesse de répéter que les Etats-Unis sont sur le point de conclure un accord avec l'Iran.REUTERS"Nous sommes très proches d’un accord définitif avec l’Iran." Encore dimanche 7 juin, Donald Trump se voulait optimiste. Quelques jours plus tard, les Etats-Unis viennent pourtant de lancer dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin une nouvelle vague de frappes contre des cibles iraniennes. Un décalage devenu presque banal tant le président américain répète depuis des mois qu’une issue diplomatique est imminente. Selon un décompte réalisé par CNN, le locataire de la Maison-Blanche a affirmé au moins 38 fois depuis le début du conflit qu’un accord avec Téhéran était proche ou sur le point d’être conclu. Des déclarations répétées lors de conférences de presse, sur Truth Social ou encore dans des entretiens accordés aux médias américains.A chaque fois, ou presque, le même scénario : l’annonce d’une percée diplomatique, la promesse d’une signature imminente, puis l’absence de résultat tangible. Cette séquence débute dès le 23 mars, détaille le média américain. Interrogé par des journalistes à bord d’Air Force One sur d’éventuels pourparlers, Donald Trump évoque alors "des points d’accord majeurs", allant jusqu’à affirmer que "presque tous les points" ont été réglés. L’Iran dément pourtant l’existence même de négociations. Quelques jours plus tard, le 29 mars, le président américain se montre tout aussi confiant. Questionné sur la possibilité d’un accord dans la semaine à venir, il répond simplement : "Je vois bien un accord en Iran".Début avril, Donald Trump affirme à plusieurs reprises qu’un accord avec l’Iran est "imminent" ou déjà très avancé. Le 6 avril, il durcit le ton et évoque la possibilité de frappes en cas d’échec des négociations. Le lendemain, il va encore plus loin, tenant des propos particulièrement inquiétants, en affirmant qu'"une civilisation entière mourra ce soir" si aucun accord n’est conclu. Dans la foulée, il change toutefois de registre et annonce la mise en place d’un cessez-le-feu temporaire, présenté comme une période de deux semaines destinée à finaliser un éventuel accord. Le lendemain, le New York Times s'interroge cependant sur ce que l'ex-magnat de l'immobilier a vraiment accompli.Une affaire "presque terminée"Le ton devient ensuite plus catégorique. Le 15 avril, sur Fox Business, Donald Trump affirme que l’affaire est "presque terminée" et que l’Iran souhaite réellement parvenir à un accord. Le lendemain, il estime qu’il est "très probable" qu’un accord soit conclu. Le 17 avril, il multiplie les déclarations, assurant que l’Iran a "tout accepté", qu’un accord pourrait être trouvé "d’ici un jour ou deux" et qu’il ne subsiste aucune divergence majeure. Le 30 avril, il affirme que l’Iran est impatient de conclure. Le 18 mai, il reporte même des frappes militaires de "deux ou trois jours", expliquant que plusieurs pays du Moyen-Orient pensent être sur le point d’arracher un accord.Le 23 mai marque un nouveau pic d’optimisme. Donald Trump affirme que son administration est "sur le point" de conclure un accord, que celui-ci est déjà "largement négocié" et que seuls quelques détails restent à régler. Les médias, comme Les Echos, se prennent au jeu en écrivant le 24 mai : "Jamais la paix n'a paru aussi proche depuis le début de la guerre en Iran, il y a presque trois mois". De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, temporise : "Cela ne signifie pas nécessairement que nous et les États-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes." Cinq jours plus tard, lors d’un entretien avec sa belle-fille Lara Trump, le président des Etats-Unis redit être "sur le point de conclure un très bon accord."Malgré ces effets d’annonce, les développements récents racontent une tout autre histoire. Les nouvelles frappes américaines illustrent l’écart croissant entre les déclarations présidentielles et la réalité du terrain, souligne CNN. Elles traduisent aussi une frustration de plus en plus visible de Donald Trump face au refus de Téhéran d’accepter ses conditions, qu’il s’agisse de la réouverture du détroit d’Ormuz ou de l’arrêt du programme nucléaire iranien. "Ils continuent de nous prendre pour des imbéciles", s'est-il ainsi emporté mercredi, après avoir accusé les Iraniens d'avoir "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". Ces signaux contradictoires installent un paradoxe devenu central : celui d’un président américain qui continue d’affirmer qu’un accord est imminent tout en durcissant simultanément le rapport de force par l’action militaire. À mesure que les frappes se multiplient, la perspective d’un compromis apparaît ainsi toujours annoncée, mais jamais concrétisée.