Avec une grève nationale de l’éducation en cours depuis le 1er juin et des manifestations organisées par des dizaines de regroupements, l’inauguration de la Coupe du monde de la FIFA 2026, ce jeudi à Mexico, s’annonce mouvementée. Dans la foulée d’une semaine de mobilisation, le stade Azteca et le centre-ville de la capitale du Mexique font l’objet d’une haute surveillance. Car si le soccer est au cœur de la culture mexicaine, la population se sent cette fois exclue de la fête, et une crise pourrait se profiler.

« Nous défendons notre ville et les conditions de vie de la population alors que nous faisons les frais d’un véritable nettoyage social en relation avec la Coupe du monde », a dit en conférence de presse dimanche Natália Lara, porte-parole de l’Assemblée antimondialiste. « Nous appelons à des manifestations pacifiques à Mexico. »Le Mondial de soccer semble avoir l’effet d’un détonateur au pays de Frida Kahlo alors que l’équipe nationale affrontera jeudi après-midi l’Afrique du Sud en ouverture du tournoi planétaire.La colère populaire va au-delà d’un événement sportif dont les billets les moins chers coûtent plusieurs centaines de dollars canadiens, ce qui les rend carrément inaccessibles à la grande majorité des habitants d’un pays où le salaire minimum quotidien se chiffre à 315 pesos (25 $CA). Et certaines questions ont refait surface dans le débat sociopolitique.La question des conditions de travail — en particulier celles des enseignants, souvent précaires — en fait partie, tout comme celle des disparitions irrésolues et de la gentrification des grandes villes du pays.« Maquillage social »« Au lieu d’investir pour faire de véritables changements, on a voulu faire un maquillage social pour plaire au tourisme et dissimuler ce qui peut incommoder, comme la pauvreté ou le travail sexuel », dénonce Natália Lara en entrevue au Devoir. « Nous en faisons les frais dans les quartiers adjacents au stade Azteca. »C’est la troisième Coupe du monde de la FIFA qu’accueille l’immense enceinte. Plus grand stade du monde lors de son inauguration en 1966 (100 000 places à l’époque, contre une capacité de 83 000 pour l’édition de 2026), il a été le théâtre de moments iconiques de l’histoire du soccer. C’est notamment là que le Brésil de Pelé a remporté la Coupe du monde en 1970… et que Maradona a marqué en 1986 le « but du siècle » avec l’Argentine, lors d’un quart de finale contre l’Angleterre connu aussi pour un autre but, celui de la « main de Dieu ».