09 juin 2026Aujourd'hui à 19:04Les victimes de phishing sont toujours plus nombreuses, pour des montants toujours plus élevés. Le phénomène est hors de contrôle. Il est temps que la justice poursuive et sanctionne les escrocs numériques.Mails non sollicités, appels téléphoniques impromptus, SMS, messages WhatsApp, prises de contact via des comptes Instagram, Facebook, Snapchat, TikTok… Chaque jour, nos téléphones croulent sous les notifications mal-intentionnées, provenant d'escrocs spécialisés dans le phishing. En Belgique, les victimes se comptent par centaines de milliers. Lorsqu'elles tombent dans le piège, elles versent des milliers d'euros à des cyberdélinquants toujours plus inventifs, qui combinent nouvelles technologies et techniques éprouvées de persuasion. Le phénomène a pris une ampleur sans précédent. Le problème, c'est qu'aucune mesure mise en place pour lutter contre ce fléau numérique n'a, jusqu'à présent, porté ses fruits. Les campagnes d'information de la FSMA, le gendarme du secteur financier, et de Safeonweb, la plateforme créée par les autorités fédérales, sont pertinentes, mais elles n'atteignent manifestement pas leur cible. Il faudra être plus inventif pour avoir de l'impact face au raz-de-marée du hameçonnage, auquel 80% des Belges ont été confrontés dans les 12 derniers mois. Les banques, qui sont en première ligne et voient leurs clients tomber un à un dans les filets des arnaqueurs, ne parviennent pas non plus à endiguer le phénomène. Elles multiplient les avertissements et mettent en place des mesures de validation de certains paiements. Mais les escrocs trouvent toujours la faille et les arnaques continuent. Stop à l'impunitéLes grandes plateformes numériques jouent de leur côté un jeu dangereux. Soucieuses de laisser les contenus viraux se propager, elles ne freinent pas suffisamment les arnaques. Les cyberdélinquants se baladent en toute liberté sur les réseaux sociaux et les messageries en ligne, empruntant l'image d'entreprises établies (banques, opérateurs télécoms, mutuelles, médias…) pour séduire leurs victimes. Il est temps que la justice se saisisse de ce dossier et y mette de l'ordre. L'impunité des escrocs a assez duré. Chaque jour, 40.000 cas de phishing sont signalés sur Safeonweb. Certaines plateformes frauduleuses sont rapidement identifiées et se retrouvent sur des "listes noires". Et après ? Après, c'est le trou noir.Rares sont les escrocs poursuivis. Encore plus rares sont les escrocs condamnés. Certes, de nouvelles techniques d'arnaques émergent chaque jour et compliquent la tâche de la justice. L'usage de l'intelligence artificielle et des appels automatisés démultiplie la puissance des arnaques. Mais les autorités judiciaires ont les capacités techniques et humaines de remonter ces réseaux et d'en identifier les responsables. Les ministres de la Justice et de l'Intérieur en sont d'ailleurs convaincus: il viennent d'annoncer leur volonté de renforcer la lutte contre le phishing, en améliorant les échanges d'information entre les services de police et les parquets et en se concentrant davantage sur le démantèlement des organisations criminelles. Mieux vaut tard que jamais.
Édito | Face à l'explosion du phishing, une réponse judiciaire s'impose
Les victimes de phishing sont toujours plus nombreuses, pour des montants toujours plus élevés. Le phénomène est hors de contrôle. Il est temps que la justice poursuive et sanctionne les escrocs numériques.









