Voler de ses propres ailes. C’est ce qu’a toujours désiré Christophe Mallet. Après avoir fait l’école de Graignes (Manche) et continué d’apprendre son métier dans quelques écuries, il s’est installé, à 25 ans à peine, et n’a pas fait les choses à moitié. « Dès que je suis devenu entraîneur en 1995, j’ai aussitôt fait de l’élevage, apprend le professionnel basé à Saint-Martin-de-Connée (Mayenne), d’où le nom des poulains et pouliches qui naissent chez lui. C’est parfois ingrat, mais je n’ai pas à me plaindre, car cela me permet d’avoir quelques chevaux intéressants à chaque génération grâce à la dizaine de poulinières dont je m’occupe. Comme ils m’appartiennent, je peux faire preuve de patience et me permettre d’attendre qu’ils arrivent à maturité. Et en général, ils me le rendent bien. » Accompagné de deux salariés et d’un apprenti, Christophe Mallet exploite pleinement les 55 ha qu’il occupe puisqu’il fait également de la culture, qui lui permet de produire son propre foin. « Les journées sont bien remplies mais c’est un métier de passion, poursuit l’homme de 56 ans. Travailler pour son compte et aimer toutes les facettes des métiers autour du cheval permet d’avoir l’œil un peu partout pour que les choses soient bien faites. »Titulaire de 299 victoires, Christophe Mallet pourrait atteindre le cap symbolique des 300 grâce à Kiwi de Connée (n° 2), au sujet duquel il confie : « Il ne faut pas lui tenir rigueur de sa dernière course, car il n’a pas eu un parcours favorable. Le cheval va présenter en pleine forme et se plaît tout autant sur les pistes plates. Comme avec mes autres pensionnaires, je l’ai attendu, et il réalise une belle carrière. Selon moi, il a sa place dans le quinté d’une telle épreuve. Reste à savoir en quelle position, car il est tout à fait capable de l’emporter avec un bon déroulement de course. »