Les mesures d’efficacité énergétique sont plus abordables que l’ajout de nouveaux projets de production, souligne la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal, dans un rapport dévoilé mardi.Les économies d’énergie, qui peuvent ensuite être redirigées à d’autres fins, coûtent en moyenne 3 cents le kilowattheure (¢/kWh), estime l’étude commandée par Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique (CQ3E).En comparaison, produire de l’électricité supplémentaire coûte 12 ¢ / kWh.« Ça coûtait grosso modo cinq fois moins cher de faire de l’efficacité énergétique par rapport à construire de nouveaux projets », illustre le titulaire de la chaire, Pierre-Olivier Pineau, en entrevue.L’efficacité énergétique a aussi l’avantage de réduire la vulnérabilité du réseau, enchaîne-t-il. La quantité d’infrastructures à entretenir est moins grande.
Elle apporte aussi des avantages en cas de pannes : « On peut penser à une maison très bien isolée, donne en exemple M. Pineau. En cas de panne d’électricité, elle va rester confortable beaucoup plus longtemps en hiver qu’une maison qui est mal isolée. »« Nonchalance généralisée » contre efficacitéHydro-Québec s’est donné l’objectif de réaliser des gains d’efficacité de 21 térawattheures (TWh) dans son réseau d’ici 2035.Cet objectif « ambitieux » est « techniquement très réaliste », mais il sera difficile de mobiliser suffisamment les entreprises et les consommateurs, croit Pierre-Olivier Pineau.« On a une espèce de nonchalance généralisée qui est liée à l’abondance historique d’énergie au bas prix, ce qui fait que ce n’est pas une priorité pour beaucoup de gens », constate-t-il. « Le simple fait qu’Hydro-Québec doive faire de la publicité pour l’efficacité énergétique, c’est le signe qu’il y a un manque de préoccupation à la base chez les consommateurs », souligne l’expert.Il y a un fort potentiel d’économie d’énergie dans le secteur industriel et dans les bâtiments commerciaux et institutionnels.








