L’institut de sondage d’État russe, le VCIOM (Centre russe de recherche sur l’opinion publique), a discrètement mis fin à la publication de ses données « ouvertes » concernant la confiance de la population russe envers Vladimir Poutine. Cette décision intervient alors que la popularité du président a atteint son niveau le plus bas depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, remarque le Moscow Times.L’indice de confiance de Poutine, calculé de manière « ouverte », a chuté à 29,5 % début avril, soit son niveau le plus bas depuis le début de la guerre et plus de deux fois moins de celui obtenu dans un sondage « fermé » (73,8 %), lorsque les gens sont directement interrogés sur leur confiance envers leur président. En clair, quand les Russes peuvent nommer librement la personne en qui ils ont confiance, Vladimir Poutine recueille beaucoup moins de suffrages que lorsqu’on leur pose la question directement à son sujet.Alors que les sondages « fermés » continuent d’être diffusés, le format « ouvert » a été retiré de la sphère publique. Habituellement publiée mensuellement, la notation « ouverte » a été présentée pour la dernière fois le 5 avril, pour les données de mars. Les données d’avril, qui devaient être publiées fin avril ou début mai, n’ont jamais été diffusées par VCIOM. Au 8 juin, ni les notations d’avril et de mai n’ont été publiées.Dix points de perdus depuis le début de l’annéeCette suspension des données « ouvertes » met en lumière une réalité dérangeante pour le Kremlin. Alors que les sondages « fermés » continuent d’afficher des taux d’approbation supérieurs à 70 %, les données « ouvertes » de mars révélaient que moins d’un tiers des Russes interrogés considéraient spontanément Poutine comme une figure de confiance.Parallèlement, le taux d’approbation hebdomadaire de Poutine établi par le VCIOM, s’établissait à 66,6 % au 31 mai, soit une baisse de près de 10 points depuis début 2026.Selon les observateurs, cette érosion de la popularité s’explique par la hausse de l’inflation, les tensions économiques croissantes et l’épuisement généralisé du public face à la guerre en cours. De plus, la diminution constante des effectifs militaires aggrave la pression sur le marché du travail.Le choix des autorités russes d’intensifier leur contrôle sur l’espace numérique, notamment en bloquant des applications de messagerie populaires et en limitant l’accès aux VPN pour orienter les citoyens vers les sites officiels, aurait tendance à irriter une partie de la population. Cette irritation pourrait être aggravée par l’extension des capacités de surveillance des services militaires russes, désormais à même de cibler les résidences civiles.