Publié le 08/06/2026 20:33
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Le garde des Sceaux a demandé aux procureurs de passer au crible 70 000 plaintes pour violences sexuelles sur mineurs en cinq semaines. Une mission jugée colossale par les magistrats, qui alertent sur le manque de moyens et les conséquences pour le reste de leur activité.
Le texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Le ministre de la Justice face aux 36 procureurs généraux. Réunion de crise et de travail ce lundi 8 juin à la chancellerie et, à l'issue, une consigne claire. Les procureurs ont 5 semaines pour passer en revue 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur les mineurs. Dans une prise de parole, Gérald Darmanin déclare : "Y a-t-il d'autres affaires Lyhanna en France ? C'est la question qu'on peut légitimement tous se poser et que je demande aux procureurs généraux, aux procureurs de se poser. Et d'autre part, je vais voir avec eux si, dans d'autres affaires, il y a des défaillances structurelles de la Maison Justice ou de l'État en général."À la sortie de la réunion, certains procureurs jugent la rencontre constructive. Philippe Astruc, procureur général de Dijon, raconte : "Peut-être qu'il n'y a pas assez de moyens et sans doute qu'il n'y a pas assez de moyens. Ce qu'il nous dit, c'est qu'avec les moyens que vous avez, je dirais, trouvez les moyens de faire un tri le plus pertinent possible."Étudier et prioriser 70 000 plaintes jusqu'au 14 juillet : les crimes et les délits. Des plaintes pour lesquelles une enquête a été ouverte, où il n'y a ni information judiciaire ni classement. Les enquêtes sont-elles actives, en souffrance ou en attente ? C'est un travail titanesque, presque impossible à faire en un mois, selon le syndicat majoritaire des magistrats.Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats, explique : "70 000 procédures à aller chercher et à analyser. Pour peu qu'on les analyse sérieusement pour prendre des décisions, ça représente plusieurs centaines d'heures par magistrat concerné. On peut dire à peu près entre 400 et 500 heures de travail pour tous les magistrats. Donc la question que l'on pose, c'est : si le garde des Sceaux estime que cela doit être fait urgemment dans de tels délais, qu'est-ce qu'on arrête de faire à côté ?"La France compte aujourd'hui 3,2 procureurs pour 100 000 habitants, contre 12,2 en moyenne en Europe. Gérald Darmanin a assuré qu'il rendra public le rapport de l'inspection sur les défaillances autour de l'affaire Lyhanna. Il n'exclut pas des sanctions.
















