Publié le 07/06/2026 20:51

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Les premières réponses Parcoursup tombent et laissent chaque année des milliers de lycéens dans l'incertitude. Face à l'absence d'affectation, certains se tournent vers des écoles privées coûteuses, parfois aux pratiques contestées, tandis que le gouvernement prépare un encadrement renforcé du secteur.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Depuis une semaine, si les futurs bacheliers pressent le pas, ce n'est pas seulement parce que le bac approche. Parcoursup, la plateforme d'admission aux études supérieures, vient de délivrer ses premières réponses. Un algorithme qui fait des milliers d'heureux et beaucoup de déçus. "En fait, j'ai fait plusieurs vœux, on va dire trois ou quatre, et ils ont tous été refusés", confie une élève.Faute de mieux, sans solution, certains se tournent vers des écoles privées très onéreuses et parfois piégeuses. Dans une école privée de sciences politiques en région parisienne, opération séduction. Le but : convaincre des élèves sans affectation de passer le cap de l'inscription, comme Diane, 17 ans, accompagnée de ses parents. Sur Parcoursup, ses sept vœux sont en attente. En septembre, pour l'instant, l'étudiante n'a pas d'établissement. "Les formations que j'ai demandées sont assez privées. Moi, je suis quelqu'un qui est assez stressé par rapport à tout ce qui est le parcours futur professionnel, donc je me suis dit : autant assurer mes arrières", explique l'élève.Un plan B comme une école privée qui propose des bachelors, des diplômes non reconnus par le ministère de l'Enseignement supérieur et dont le prix varie entre 8 000 et 10 000 euros l'année. Un sacrifice qu'est prêt à faire Denis Taverne, le père de Diane, comme il le raconte : "On pourrait mettre le prix s'il le faut. C'est une option qu'on ne s'interdit pas parce que le programme a l'air intéressant et le résultat final lui permettrait de faire ce qu'elle veut."En 2015, 490 000 étudiants ont ainsi choisi la voie du privé, contre 790 000 aujourd'hui. Pour attirer le plus grand nombre, certains établissements profitent des réseaux sociaux pour fasciner les élèves désespérés. Voyages. Ou encore, accès à des soirées XXL, à des castings prestigieux. Comme le chanteur Maître Gims. Une offre qui a séduit Marie Wine à Montpellier il y a deux ans pour une formation de marketing digital. Elle confie : "Ils faisaient exprès de prendre des artistes qui étaient en vogue, on va dire, pour donner envie. La première année, c'était super, j'avais appris pas mal de choses, mais c'est vrai qu'après, les cours étaient vraiment redondants, on voyait les mêmes choses."En 2025, le journal Mediapart révèle que le directeur de l'école aurait détourné l'argent des inscriptions pour financer son mariage, à hauteur de 49 000 euros, ou s'acheter des cartes de collection, pour 534 000 euros. Contactés, les dirigeants de l'école n'ont pas répondu à nos sollicitations. Dans le viseur de la justice, l'établissement a depuis fermé ses portes.Face à ces dérives, pour lutter contre ces formations frauduleuses, un projet de loi de régulation de l'enseignement supérieur privé est actuellement discuté au Parlement.