Selon un communiqué de la Ville de Paris, Alexandra Cordebard a été attaquée par « des militants d’extrême droite » devant l’église Saint-Laurent où était présentée une installation. Les heurts font suite à un appel du groupuscule Civitas, officiellement dissous en 2023. L’église Saint-Laurent, dans le 10e arrondissement de Paris, devant laquelle la maire Alexandra Cordebard a été agressée. Carine Schmitt/Hans Lucas via AFP Par Télérama, avec AFP Publié le 07 juin 2026 à 11h03 Ce n’est regrettablement pas l’amour, thème de cette Nuit Blanche 2026, qui fait l’actu au lendemain de cette 25e édition. La maire du 10e arrondissement de la capitale, Alexandra Cordebard, aurait en effet été agressée, samedi soir, par des « militants d’extrême droite » qui voulaient empêcher l’ouverture de l’église Saint-Laurent dans laquelle était programmée une œuvre. La mairie de Paris a annoncé vouloir porter plainte. « Peu avant 19 heures, des militants intégristes d’extrême droite ont cherché à empêcher l’ouverture au public de l’église Saint-Laurent dans le 10e arrondissement de Paris, afin d’empêcher la tenue d’une des œuvres de cette 25e édition de Nuit Blanche consacrée à l’amour », a indiqué la ville dans un communiqué. « À la suite de cette première action, le collectif a organisé une prière de rue aux abords de l’édifice, propriété de la Ville de Paris, pris à partie et agressé la maire du 10e arrondissement », toujours selon le communiqué. Sur X, l’élue socialiste précise quant à elle : « J’ai été bousculée avec mon équipe. J’ai personnellement reçu des coups de la part de ces individus, qui voulaient nous empêcher d’entrer. » Campagne de haine Dans un communiqué séparé, le député de Paris Pouria Amirshahi accuse Civitas, le « groupuscule d’extrême droite intégriste antisémite et homophobe » officiellement dissous par le gouvernement fin 2023, d’être responsable de cette action. Civitas avait ainsi appelé ses militants à perturber cette édition de Nuit Blanche. Cible de ses attaques ? La DJ Barbara Butch, directrice artistique de l’événement, victime de cyberharcèlement depuis sa prestation lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris en 2024. En novembre dernier, quatre hommes ont été condamnés pour ces faits – dans ses réquisitions, la procureure avait dénoncé « des violences numériques massives » ayant causé « une altération de la santé de Barbara Butch », ainsi qu’une « vague de haine antisémite, grossophobe et sexiste » la visant. À lire aussi : La DJ Barbara Butch nommée directrice artistique de la Nuit blanche 2026 Une campagne de haine sur les réseaux réactivée après la nomination de la DJ à la direction artistique de Nuit Blanche, alors que la presse d’extrême-droite a multiplié les critiques, notamment autour de l’utilisation de certaines églises parisiennes pour l’événement. L’œuvre présentée dans l’église Saint-Laurent, « Sous la peau du ciel », de l’artiste Marie-Luce Nadal, a finalement pu être accessible au public après l’intervention de la police, d’après la mairie de Paris. « La Ville apporte son plein et entier soutien à l’artiste et réaffirme son attachement à la liberté artistique, à la pluralité des expressions culturelles et au débat démocratique », souligne-t-elle dans son communiqué. « Paris veillera, aujourd’hui comme demain, à protéger le monde de la culture des fondamentalismes conservateurs et réactionnaires », promet la municipalité. À lire aussi : Cyberharcèlement de Barbara Butch : quatre condamnations, jusqu’à dix mois ferme Société Arts Nuit Blanche Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus