Publié le 06/06/2026 21:40
Mis à jour le 06/06/2026 21:40
Temps de lecture : 1min - vidéo : 2min
Prioritaires sur le papier, les enquêtes pour violences sexuelles commises sur des enfants se heurtent parfois à une réalité plus complexe. Entre hausse du nombre de dossiers, manque d'enquêteurs et tribunaux saturés, la justice peine à traiter certaines affaires dans les délais attendus.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Sur le papier, c'est une priorité du ministère de la Justice et c'est écrit noir sur blanc. Les faits commis au préjudice des enfants doivent faire l'objet d'une vigilance particulière et d'un traitement prioritaire. Alors pourquoi Jérôme Barella n'a-t-il pas été inquiété par la justice avant l'affaire Lyhanna, malgré plusieurs plaintes et signalements ? Lorsqu'une plainte concerne des faits de violences sexuelles sur mineurs, la police ou la gendarmerie appellent le parquet pour l'avertir. Le magistrat donne alors ses consignes. Dans chaque cas, l'enfant doit être examiné pour effectuer, par exemple, des prélèvements. Il doit aussi être entendu par des enquêteurs spécialisés. Mais les affaires sont nombreuses et donc parfois traitées lentement. Et selon Frédéric Chevallier, président de la conférence nationale des procureurs de la République, les personnes mises en cause dans des faits de violences sexuelles sur mineur se comptent par milliers. "Jusqu'à 2020, il y avait à peu près 20 000 personnes mises en cause par an, en moyenne. On passe à 29 000 mises en cause, traitées par an par la justice pour ces violences sexuelles. Vous voyez, on passe de 20 000 à 29 000, ce n’est pas rien", explique-t-il.Un engorgement dans les tribunaux mais aussi chez les forces de l'ordre comme une montre cette photo publiée sur les réseaux sociaux par un syndicat de police. Dans ce commissariat d'une ville moyenne, 350 dossiers de délits et crimes sexuels sur mineurs pour un seul enquêteur. "Il n'y a pas assez de policiers pour aller chercher les auteurs parce qu'il faut en avoir plusieurs. Il n'y a pas assez de policiers pour faire les enquêtes de voisinage. Il n'y a pas assez d'experts également pour les différents examens médicaux ou psychiatriques qu'il faut faire. Tous ces dossiers sont en attente", indique Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat UN1TÉ.Un manque de moyens et une lutte contre des violences sexuelles sur mineurs, noyées au milieu de nombreuses autres priorités. Dans sa circulaire, le ministre de la Justice évoque aussi parmi les dossiers brûlants la lutte contre le narcotrafic, contre l'antisémitisme ou encore contre les violences faites aux femmes.












