Il a joué dans « Ted Lasso » ou « Little Britain », mais on regrettera surtout l’acteur britannique pour son rôle de Giles dans « Buffy ». Un modèle de figure paternelle rassurante et bienveillante pour nombre d’adolescentes. Anthony Stewart Head dans la saison 4 de « Buffy contre les vampires ». 20th Century Fox Film Corp. Par Marie Telling Publié le 06 juin 2026 à 14h57 Pour certains, il était l’infâme ex-époux infidèle de Rebecca dans Ted Lasso, pour d’autres le Premier ministre de Little Britain, pour d’autres encore (sans doute moins nombreux), le père d’Arthur dans la série fantastique Merlin. Mais pour les amoureux de Buffy contre les vampires, Anthony Stewart Head, mort ce vendredi 5 juin à 72 ans, restera à jamais Giles, le bibliothécaire au flegme so british qui accompagnait notre héroïne adolescente dans sa bataille contre les démons – ceux, bien tangibles, qui déferlaient dans les rues de Sunnydale, et les autres, plus métaphoriques, qui hantent la psychée de toute lycéenne. 1998. Les sériephiles prêts à défier le sommeil découvrent, en dernière partie de la Trilogie du samedi de M6, l’histoire d’une sémillante blondinette qui jongle entre cours, affres de l’amour, et chasse aux monstres, avec l’aide de ses amis, la timide Willow et l’immature Xander. Dans cet univers peuplé d’ados et de vampires, où le maire de la ville œuvre pour les forces du mal, le proviseur du lycée brille par sa lâcheté, et l’éphémère beau-père de Buffy est un robot assassin, les adultes responsables se font incroyablement rares. Giles, avec son enveloppant accent Oxbridge et ses vestes en tweed douillettes, est la seule réelle figure tutélaire, le mentor infaillible, le père de subsitution de l’héroïne. De l’humour, de la douceur et une touche de punk Anthony Head prête sa douceur, son charme et son humour, au personnage. Ainsi qu’une touche de punk, notre bibliothécaire ayant un passé de rebelle adorateur de démon derrière lui. On imagine que ce petit côté subversif venait naturellement à l’acteur, lui qui avait tenu l’un des rôles principaux du Rocky Horror Show, dans le West End, au début des années 1990. Le Londonnien – qui avait également des talents de chanteur mis à profit dans le célèbre épisode musical de la série, Once More With Feeling – parvenait à rendre rassurant et cool un personnage d’autorité. Quiz : Quiz : quel fan de “Buffy contre les vampires” êtes-vous ? Car Giles conseille sa jeune protégée sans jamais la juger. La grandeur d’âme de l’Anglais n’est jamais aussi évidente que dans l’épisode Innocence, de la deuxième saison. Éprise du vampire Angel, Buffy perd avec lui sa virginité. Joss Whedon, le créateur de la série, ne lésinant pas sur la symbolique, il traduit les pires craintes d’une amoureuse vulnérable et inexpérimentée en intrigue fantastique : au réveil de la jeune femme, son amant a disparu pour ensuite se transformer, littéralement, en monstre. Quand Giles apprend la nouvelle, Buffy pense avoir déçu son mentor. La réponse de celui-ci ? « Si tu cherches de la culpabilisation, je ne suis pas ton homme. Tout ce que tu recevras de moi est mon soutien et mon respect. » Être adolescente, c’est devoir chaque jour composer avec le regard et le jugement des autres. Quelle chance alors – surtout dans la période pré-MeToo de la fin des années 1990 – d’avoir eu comme allié Giles tel qu’Anthony Head l’interprétait. À lire aussi : “Buffy contre les vampires” : pourquoi elle reste une série majeure Séries Disparition Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Mort d’Anthony Head : on se souviendra du flegmatique et féministe bibliothécaire de « Buffy contre les vampires »
Il a joué dans « Ted Lasso » ou « Little Britain », mais on regrettera surtout l’acteur britannique pour son rôle de Giles dans « Buffy ». Un modèle de figure paternelle rassurante et bienveillante pour nombre d’adolescentes.










