Publié le 06 juin 2026 à 05:06.
Dans son souvenir, c’était à la fin des années 1990. Abdallah Chatila est au début de sa carrière dans l’immobilier. Déjà passionné d’art contemporain, il entend parler d’un sculpteur un peu particulier. «Je suis allé voir ses statues, se souvient-il près de 40 ans plus tard. Il avait rempli un appartement entier dans les tours du Lignon. Une fois à l’intérieur, il me dit: “Je suis aussi le propriétaire de l’immeuble”». Cet artiste, auteur d’œuvres monumentales visibles à Pékin, Chamonix ou Cavalaire-sur-Mer ainsi que d’un sigle géant titré «L'Homme et sa terre ou l’humain en mouvement» sur l’un de ses immeubles à Genève, ne ment pas. Il possède alors non seulement l'immeuble mais également près de 700 autres appartements dans trois des tours de cette cité de Vernier, la deuxième commune la plus peuplée du canton, aux portes de Genève.Cet artiste et magnat de l’immobilier, c’est Jean-Pierre Romy, issu d’une des nombreuses familles juives chassées d’Egypte par le colonel Nasser suite à la crise du canal de Suez en 1956. Arrivé très jeune à Genève, il y fréquente la faculté de sciences économiques et sociales de l’université entre 1969 et 1974. Un demi-siècle plus tard, il est décrit comme le patriarche d’«un groupe familial, actif depuis 50 ans dans l’immobilier et né de [sa] passion de l’immobilier», selon le magazine Immobilier.ch.













