Depuis la fin du mois dernier, les clients canadiens de Wealthsimple peuvent participer aux introductions en Bourse (IPO, de l’anglais initial public offering). Une nouveauté qui survient juste avant l’IPO très attendue de SpaceX, qui pourrait bien être historique en devenant l’introduction en Bourse la plus importante de l’histoire des États-Unis.Un IPO est lancé juste avant qu’une entreprise ne devienne publique. Une certaine quantité d’actions peuvent être achetées avant l’entrée en bourse à un prix anticipé par l’entreprise qui ne se confirme que quelques moments avant la vente officielle. Après cela, le prix d’une part sera déterminé par le marché. « C’est l’occasion pour les bailleurs de fonds de sortir leurs capitaux d’avoir de la liquidité pour leur investissement. Et de l’autre côté, c’est une occasion pour des investisseurs qui n’ont pas eu l’occasion de participer au développement de l’entreprise d’acheter les actions de cette entreprise-là », explique en entrevue Maher Kooli, professeur au département de finance de l’Université du Québec à Montréal.Si les IPOs ont toujours fait partie du paysage boursier, ce sont surtout les investisseurs institutionnels qui se les procuraient. L’arrivée des plateformes numériques comme Wealthsimple ou Robinhood ont ouvert la porte aux investisseurs individuels, souligne M. Kooli, qui voit l’importance accordée à l’entrée en bourse de SpaceX comme une démocratisation du phénomène.RisqueMais, à ne pas s’y méprendre : les IPOs sont « un produit assez risqué parce qu’on est au tout début et on ne connaît pas vraiment ce qui s’en vient », indique Maher Kooli en mentionnant que les premiers jours d’une action en bourse peuvent être particulièrement volatils. Selon lui, les investisseurs individuels courent également de plus grand risques comme ils n’ont généralement pas accès aux connaissances des institutions. « Et ce ne sont pas des actions que l’on peut laisser croître, il faut les regarder. »Les investisseurs institutionnels ont aussi un autre avantage par rapport à ceux qui le font de manière plus personnelle : leurs chances d’obtenir des actions sont bien plus grandes. En effet, la quantité de parts qui peuvent être achetées lors d’un IPO est limitée et si la demande est forte, ce qui sera assurément le cas pour SpaceX, analyse Maher Kooli, ce n’est pas tout le monde qui va pouvoir en acquérir.Des plus de 550 millions de parts (une petite partie de l’entreprise) que comptent mettre en vente SpaceX (au prix estimé de 135 dollars américain), 70 % sont réservées aux investisseurs institutionnels. Les 30 % restant seront distribués aux investisseurs de détails comme Wealthsimple. En d’autres termes, les actions disponibles sont diluées à travers les différentes plateformes où il est possible d’en acheter de manière personnelle.C’est pour cette raison qu’il n’est pas possible d’acheter directement des actions d’IPO et qu’il faut en faire la demande auprès de la plateforme. Prenons l’exemple de Wealthsimple : il est possible de demander l’achat de parts, mais si plus d’actions ont été demandées qu’il n’y en a de disponible, l’entreprise procédera à un tirage au sort où il est possible d’obtenir ce que l’on a demandé, moins de parts que demandé ou tout simplement s’en sortir les mains vides.À noter que chaque plateforme détermine ses propres règles. Certaines vont privilégier les demandes avec plus d’actions, par exemple.
Wealthsimple se met aux IPOs juste à temps pour SpaceX
Ce produit risqué est désormais (plus) accessible aux investisseurs du dimanche.















