Publié le 05/06/2026 17:09

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Depuis 50 ans, le loto promet des rêves de fortune et des vies transformées. Mais entre les premiers gains modestes des années 70 et les jackpots à plusieurs millions d’aujourd’hui, que change vraiment l’argent du hasard ? Immersion dans un demi-siècle d’espoirs et de projections immobilières.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Avant d'être une machine à cash, c'est une machine à rêve depuis 50 ans. Quand le loto vous fait miroiter 5 millions d'euros, par exemple, chacun voit aisément comment les dépenser, et il y a une manière qui revient souvent. "Qu'est-ce que je ferais avec 5 millions ? Je voyagerais, j'achèterais une très très belle maison, j'achèterais un bel appartement à Paris" confie une passante, une autre ajoute : "J'ai un projet d'achat de maison, donc je pense que je ne ferais pas de crédit, je l'achèterais", encore pour une autre : "Une maison dans le Sud-Est, au soleil ?"L'an dernier, le jackpot a culminé à 23 millions d'euros, quelques briques pour investir dans la pierre. Cinquante ans plus tôt, les gains étaient plus modestes. Le premier tirage, le 19 mai 76, est un flop, aucun gagnant. Les premiers chanceux médiatisés sont cinq Grenoblois. Ils ont gagné plus d'un million de francs, l'équivalent aujourd'hui avec l'inflation de seulement 839 000 euros.Quelques mois plus tard, avec l'équivalent d'un million trois cent mille euros, la priorité, elle est claire. "Je vais acheter une maison à mon fils. Et puis il a une maison qui est vieille, qu'il va rénover" racontait la gagnante à l'époque.Les tout premiers gagnants, eux, sont restés discrets. Avec 610 000 euros, ces gardiens d'immeuble ont touché 33 ans de salaire. Catherine Siguret, autrice de "Les Amants du Loto" (éd. Presses de la Cité) explique : "33 ans de salaire, on achète à la fois beaucoup plus de choses et beaucoup moins. Donc par exemple, ce qui a complètement flambé, c'est le prix de l'immobilier. Ça a été multiplié par 10. À l'époque, un loyer dans Paris, c'est 110 francs. Enfin, je veux dire, c'est de la folie. Donc ça, c'est complètement incomparable. En revanche, le litre d'essence est à 2 francs. Il est à 2 euros depuis peu. Donc là, on peut faire des équivalences."Aujourd'hui, les gains sont plus importants car l'an dernier 16 millions de joueurs ont tenté leur chance et un jackpot record représente environ un siècle de salaire moyen, largement de quoi se trouver un toit au-dessus de la tête.