Collaboratrice
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Mis à jour à 8h47
Critique
Les prémisses d’Alice and Steve ont de quoi déstabiliser. Steve, interprété par Jemaine Clement (Flight of the Conchords), a la cinquantaine. Après une soirée bien arrosée, il tombe amoureux d’Izzy, à qui Yali Topol Margalith (Meurtre mode d’emploi) prête ses traits. C’est la fille de sa meilleure amie et elle a la moitié de son âge… Alice, incarnée avec un aplomb jouissif par Nicola Walker (Unforgotten), l’apprend et décide de tout faire pour détruire cette relation. Ce qui commence de la même manière qu’une comédie romantique aux contours familiers se révèle dès le deuxième épisode comme quelque chose de plus complexe, de plus honnête et de nettement plus drôle.La série est prévisible, c’est vrai. Certaines révélations se devinent dès le premier épisode : la blague qu’Alice fait sur le fait que Steve pourrait être le père biologique d’Izzy, par exemple, on l’attend depuis le début et elle arrivera enfin au détour d’un énième rebondissement. Mais la scénariste Sophie Goodhart (Sex Education) joue habilement et en connaissance de cause sur ce terrain, et la fin n’en est que plus inattendue et touchante. On comprend alors qu’on s’est laissé embarquer malgré tout, presque sans s’en rendre compte.Impulsive, frontale et excessiveCe qui retient vraiment l’attention, c’est la manière dont la série traite une large gamme d’émotions, pas tout à fait positives. Il y a ainsi la colère. Celle-ci n’a pourtant rien de dramatique, comme on a déjà pu le voir sur les écrans dans les grandes scènes de rupture. Elle est plutôt spontanée et chaque personnage la vit à sa façon. Alice est impulsive, frontale, parfois franchement excessive, tandis que Daniel, son mari, campé par Joel Fry (Game of Thrones), reste dans la retenue, absorbe et se replie. Ces deux façons d’être en colère sonnent juste et c’est là qu’Alice and Steve gagne en densité. On est alors dans une série qu’on pourrait qualifier d’antiromantique. L’amour est bel et bien toujours là, tenace, mais il doit se frayer un chemin à travers les ego blessés, les peurs inavouées et les mauvaises décisions.










