Festivals, concerts, scènes, expos, cinéma et séries: voici le guide de L’Echo pour traverser l’été culturel belge sans se perdre dans la foule des affiches.Les grandes machines comme Tomorrowland, Rock Werchter, Les Ardentes et le Pukkelpop remplissent toujours. Mais des festivals plus singuliers inventent d’autres modèles et tirent leur épingle du jeu... Entre têtes d’affiche, expériences musicales collectives, scènes en plein air, expos, cinéma et séries, notre sélection trace la carte d’un été culturel belge plus contrasté qu’il n’y paraît mais toujours très alléchant. Suivez le guide...7 FAÇONS DE TRAVERSER L’ÉTÉ CULTUREL1.LE PHÉNOMÈNE SOULJalen N’Gonda, la soul au présentJalen N’Gonda chante la soul comme s’il avait grandi chez Stax ou Motown, mais refuse l’étiquette nostalgique: "Je suis très ancré dans le présent". Signé chez Daptone, le chanteur américain publie "Doctrine of Love", enregistré à l’ancienne, après avoir découvert la soul enfant grâce aux 45 tours de sa grand-mère: "C’était le plus beau jour de ma vie!" Lire notre interview→ En concert le 21 août 2026, au Pukkelpop (Hasselt) et le 6 octobre 2026, à l’Ancienne Belgique (Bruxelles).Jalen Ngonda - If You Don't Want My Love (Official Audio)2Les blockbustersDans un secteur qui se cherche des perspectives, la course aux têtes d'affiche est devenue une question de survie. À ce petit jeu-là, les plus grands festivals du pays tirent leur épingle du jeu...Les Ardentes, le hip-hop comme territoire. À Liège, le festival a trouvé son territoire: le hip-hop, devenu marque de fabrique et moteur d’attraction européenne. Pour ses 20 ans, il aligne Damso, Future, Aya Nakamura, Booba, Black Eyed Peas, Niska ou ElGrandeToto, tout en ouvrant davantage la porte à l’électro avec Charlotte de Witte ou Lost Frequencies.Rock Werchter, l’affiche transgénérationnelle. Le mastodonte brabançon joue la carte transgénérationnelle, avec une affiche capable de parler à plusieurs publics: The Cure, Moby, The xx, Gorillaz, David Byrne, Pixies, Teddy Swims ou Charlotte de Witte. Plus de 350.000 personnes sont attendues sur un site agrandi, mais sans jauge supplémentaire.Tomorrowland, la marque avant le line-up. À Boom, la tête d’affiche, c’est d’abord la machine elle-même: scénographie, storytelling, seize scènes et public mondial. Après l’incendie de 2025, le festival confirme sa puissance avec 400.000 tickets vendus et plus de 400 DJ’s, dont Sara Landry, Amelie Lens, Calvin Harris, David Guetta ou Ben UFO.Pukkelpop, le radar des tendances. À Hasselt, le festival reste le radar des tendances. Depuis Nirvana jusqu’à Billie Eilish, il revendique l’instinct du défrichage. En 2026, Turnstile, Tyler, The Creator, Adriatique, Yungblud, Lambrini Girls ou Nu Genea dessinent une affiche pensée pour les moins de 40 ans.3LES OUTSIDERSLa Nature affiche complet... sans afficheComplet depuis des mois sans avoir annoncé un seul nom, La Nature déjoue les réflexes du marché. Du 18 au 21 juin, à Vielsalm, le festival ardennais réunira 4.000 personnes autour de 150 artistes découverts sur place. Sa force: une communauté fidèle, des cachets plafonnés, aucun ticket à la journée et une expérience pensée hors compétition avec les blockbusters. Yoga, balades, arts plastiques, produits locaux et refus de la mise en scène sociale composent ce modèle anti-Instagram, fondé sur la déconnexion et le vivre-ensemble.La Nature Festival à Vielsalm. ©César BurtonLaSemo, le festival durable devenu grand publicDe laboratoire durable à rendez-vous majeur, LaSemo attend près de 60.000 festivaliers à Enghien. Pour Samuel Chappel, son directeur, le festival reste "engagé", mais sans posture "moralisatrice": il veut "créer de nouveaux imaginaires collectifs". Sa force: une expérience globale, les arts de la rue, les familles – "les enfants représentent 20% de notre public" – et une affiche éclectique, de Chic à Julien Doré, Vanessa Paradis ou Puggy... Lire notre interview!→ LaSemo, du 10 au 12 juillet dans le Parc d’Enghien. Infos sur lasemo.be Vanessa Paradis (le 11 juillet à LaSemo) - "Bouquet final" (Clip Officiel)4LE JAZZ ET LE CLASSIQUEAsaf Avidan: "Les spectateurs deviennent les explorateurs"Gent Jazz Festival. Du 2 au 18 juillet, le Gent Jazz Festival réunira Patti Smith, Van Morrison, Ludovico Einaudi, John Legend ou Marcus Miller. Mais Asaf Avidan y occupe une place à part. Chanteur, musicien, danseur, acteur, il se définit comme un "artiste de collage musical", capable de faire dialoguer jazz, folk, crooning, rap ou musique de film. Sur scène, il refuse le simple divertissement: "Moi, je crée le paysage et les spectateurs deviennent les explorateurs." Pour lui, l’art doit rouvrir un espace d’émotions, de complexité et d’empathie. Face à la violence du monde, il défend "davantage de tolérance et de complexité dans la conversation". Lire notre interview.Asaf Avidan - I Don't Know When, I Don't Know How, I Don't Know WhyLes classiques aux Festivals de WallonieAvec une dizaine de lieux et plus de cent concerts, les Festivals de Wallonie jouent l’éclectisme. Musiq3 ouvre l’été avec The Amazing Keystone Big Band, avant les couleurs soufies du Hathor Consort et Mozart par Nocte Temporis. À Namur, Leonardo García Alarcón, Cappella Mediterranea et Clematis prolongent la tradition vocale baroque. À suivre aussi: l’Ensemble Wolf, Lucile Richardot, Rachel Podger, L’Arpegiatta, David Kadouch, Jean Rondeau, Gaëlle Solal ou Lorenzo Gatto.La mezzo française Lucile Richardot sera le 25 juin à Flagey (Bruxelles) et le 6 juillet en l'église Saint-Loup (Namur). ©Igor Studio5.LES SCÈNESL’été côté scène: théâtre, cirque et arts de rueThéâtre. L’été joue la carte du plein air et du mélange des genres. À Genval, "Des cailloux plein les poches" promet une performance virtuose: deux comédiens, Stéphane Pirard et Thibaut Neve, pour incarner quinze personnages dans une comédie irlandaise sur le choc entre ruralité et imaginaire hollywoodien. Le Théâtre des Galeries reprend, lui, la route des châteaux avec "Un monde idéal", de Seneffe à Belœil...Arts de la rue. Mons ouvre la saison avec le Festival au Carré, entre musique, danse, théâtre, performance et espace public. Moment fort annoncé: "FUUU", combustion foraine de la compagnie Titanos, qui mêle guitares électriques et pyrotechnie. À Chassepierre, plus de 50 spectacles sont attendus, dont "A-t-on toujours raison?", seul en scène fragile et clownesque de Fred Blin, également présenté à Mons.Cirque et jeune public. Les Rencontres Jeune Public quittent Huy pour Charleroi, avec une quarantaine de spectacles en avant-première entre théâtre, cirque et danse. Au Bois de la Cambre, le Festival Théâtres Nomades reste fidèle à son modèle gratuit et populaire, entièrement dédié aux arts de la rue, au cirque et à la danse.Strano - Cirque Trottola ‪@SpaRoyalFestival‬ 202640 ans de spectacles à l'Abbaye de Villers-la-VilleDepuis 1987, les spectacles d’été ont contribué à réveiller l’Abbaye de Villers-la-Ville. "Ce sont les spectacles théâtraux qui ont été le déclencheur", rappelle Patrick de Longrée. Pour la 40ᵉ édition, place au "Songe d’une nuit d’été", longtemps repoussé: "Je n’accrochais pas du tout à cette pièce." Mais Shakespeare s’imposait. Il voulait une version "débridée", tournée vers «l’amusement et la fantaisie». Début le 14 juillet. Lire notre interview de Patrick de Longrée.Ruines magiques de l’Abbaye de Villers-la-Ville. ©Shutterstock6.LES EXPOSITIONSL’été des expos: trois régions, trois façons de regarderBruxelles. La capitale joue la densité. Au Rouge-Cloître, Robert Giron sort de l’ombre de Bozar pour retrouver sa place de peintre du Nord. À Bozar, Delcy Morelos investit le Hall Horta avec une œuvre monumentale de terre, de mémoire et d’odeurs. Au WIELS, "Call me Gravity" interroge la dette, financière, morale ou coloniale. À Uccle, Van Buuren fait dialoguer Gustave van de Woestyne et Anto Carte dans les jardins.Wallonie. Le bicentenaire du Val Saint-Lambert s’impose comme le grand rendez-vous patrimonial, avec "Japonisme et Art Nouveau" au Grand Curtius de Liège et "Art déco et modernisme" au Musée des Beaux-Arts de Charleroi. Le cristal y raconte autant une histoire industrielle qu’un imaginaire décoratif belge.Flandre. Anvers concentre deux temps forts: Neo Rauch au Musée De Reede et les 40 ans des Six d’Anvers au MoMu. À Knokke-Heist, Luc Peire retrouve sa verticalité hypnotique. À Damme, la biennale Àmare déploie Delvoye, Quinze, Bijl ou Muller autour de "l’art du soin".Pipilotti Rist ("Be Nice To Me") à voir à Bozar dans "Picture Perfect", jusqu’au 16/8/26.7.Les écransCinéma: sous les étoiles ou en salles obscuresÀ Bruxelles, l’été se regarde aussi sur grand écran. "Bruxelles fait son cinéma" promène gratuitement ses projections dans les 19 communes, tandis que le PleinOPENair du Nova mêle films, concerts, balades et débats urbains. Cinair revient entre Knokke, Gand, Anvers et le Cinquantenaire. En salles, le Palace ressort ses "Sunscreens", les Galeries consacrent leur "Heure d’été" à Taipei, et Cinematek aligne journalisme au cinéma, Darren Aronofsky, Blaxploitation, muets et jeune public.Une erreur est survenueVeuillez actualiser cette pageEt 5 séries à binge-watcher tout l’été...Et pour ceux qui ne veulent pas mettre le nez dehors cet été, il reste toujours l’option canapé, climatisation et mauvaise foi assumée: cinq séries à binge-watcher sans culpabilité. "Hacks" croque les coulisses du stand-up avec une férocité jubilatoire. "Spider-Noir" transforme Nicolas Cage en détective super-héroïque."Half Man" ausculte la masculinité toxique. "The Boys" dynamite l’Amérique sous cape. Et "The Boroughs" prouve qu’une maison de retraite peut encore cacher bien des monstres.Dedans ou dehors, on vous souhaite un bel été!Une erreur est survenueVeuillez actualiser cette pageMovie Drive open-air cinema à Tour & Taxis (Bruxelles) en 2020. ©BELGA