Joachim Rausis, Président du GPMVR

Publié le 05 juin 2026 à 07:00.

Il suffit parfois d’une route coupée pour rappeler à la Suisse ce qu’elle oublie le reste du temps. Une coulée de boue. Un torrent qui sort de son lit. Une avalanche. Quelques heures sans accès et les vallées reprennent leur vraie topographie. Elles cessent d’être un décor admiré depuis la vitre d’un train panoramique. Elles redeviennent ce qu’elles ont toujours été: des territoires exigeants, habités contre la pente, le froid, la distance et parfois contre l’indifférence.Le Valais connaît cette vérité depuis longtemps.La montagne y offre l’eau, l’espace, l’énergie, les paysages, le tourisme, le silence parfois. Mais elle demande une présence humaine constante. Rien n’y tient naturellement. Derrière chaque route ouverte en hiver, chaque forêt entretenue, chaque alpage exploité, chaque village vivant, il y a des femmes et des hommes qui choisissent de rester.Depuis 80 ans, le Groupement de la population de montagne du Valais romand défend cette réalité simple: une montagne vécue, et non une montagne musée.Lorsqu’il est fondé en décembre 1945, le GPMVR appartient encore à un Valais rural. Les vallées vivent davantage de l’agriculture que du tourisme. Les routes sont précaires. Les distances pèsent lourd. Pourtant déjà, une intuition traverse les premiers combats du Groupement: si la montagne perd ses habitants, elle perdra aussi sa capacité à protéger, nourrir et équilibrer le pays.