UNE SÉRIE, UN OBJET − Dans la série pop “Ponies”, la guerre froide est de retour. Et avec elle, le mythique téléphone rouge. La fiction s’est régulièrement saisie de cet objet de fantasmes. Pour faire trembler, rire… ou les deux à la fois. Moscou, 1977. Sonne soudain ce téléphone que Béa, fraîchement recrutée par la CIA, découvre dans son placard… (Dans « Ponies », épisode 2.) HBO Max Par Pierre Langlais Publié le 04 juin 2026 à 20h00 Sa sonnerie stridente nous renvoie à une époque où les téléphones étaient fixes, les combinés à fil et le moindre appel nimbé de mystère — impossible de savoir qui attendait à l’autre bout de la ligne : tata Monique ? La valise RTL ? la boucherie Sanzot ? Elle retentit dans l’appartement de Beatrice « Bea » Grant (Emilia Clarke, la mère des dragons de Game of Thrones). Étrangement, elle ne vient pas du poste blanc qui trône dans l’entrée, bien visible, mais de la penderie de sa chambre. Bea l’ouvre et découvre un téléphone rouge vif dont les cris de plus en plus perçants la somment de décrocher. Quelques précisions s’imposent, qui donnent à ce poste écarlate sa valeur symbolique : nous sommes à Moscou en 1977, en pleine guerre froide. Bea, l’une des deux héroïnes de la série Ponies, est la veuve d’un diplomate américain — en fait un espion infiltré au cœur du pouvoir soviétique — et vient de rejoindre à son tour la CIA. Sa première mission : séduire un haut gradé du KGB, Andrei Vasiliev (Artjom Gilz). C’est lui qui attend, impatient, qu’elle réponde à ce téléphone apparu comme par miracle dans son placard. À lire aussi : Dix séries pour se plonger dans le climat glacial de la guerre froide Plus de trois décennies après la fin de l’URSS, l’image du téléphone rouge est encore liée à la ligne secrète, quasi mythologique, ouverte en 1963 entre les ennemis américains et soviétiques — et par là même à la somme des peurs de l’époque, apocalypse nucléaire comprise. Tant pis s’il n’y a jamais eu de « téléphone rouge » à proprement parler mais des télex, des fax et désormais des mails ultra sécurisés : la fiction s’en est immédiatement saisie, pour trembler dans Le Téléphone rouge (1963), avec Rock Hudson, rire dans Forrest Gump (1994), ou les deux à la fois dans Docteur Folamour, de Stanley Kubrick (1964). Dans Ponies, il figure une double menace, à la fois extérieure — la sécurité des États-Unis et du monde libre est en jeu — et intérieure, intime. Il a été branché par la direction de la CIA à l’insu de Bea, dans son placard, lieu clos par excellence. Avant même que ne résonne la voix inquiétante de Vasiliev, la sonnerie intrusive la prévient qu’elle va devoir — littéralement — changer de costume. Et que le danger pourra surgir de partout, même des recoins de sa vie privée. À lire aussi : Dans la série “Etty”, le vélo, incarnation de la liberté confisquée Séries Guerre froide HBO Max Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
Allô ? Ici, la paranoïa ! Dans “Ponies”, un téléphone rouge sonne et c’est la guerre froide qui s’annonce
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