Publié le 04/06/2026 15:58

Temps de lecture : 1min - vidéo : 2min

La paire de lunettes que portait le président Emmanuel Macron lors du forum de Davos (Suisse), en janvier, a fait le tour du monde. Beaucoup avaient alors vanté des lunettes assemblées dans le Jura. Mais l'entreprise qui fabrique les verres va désormais fermer ses portes.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Elles ont fait le tour du monde : les lunettes de soleil au vert bleuté façon "Top Gun" portées par Emmanuel Macron à Davos (Suisse). Un buzz qui a profité aux fabricants de la monture. Aurélie Ecker, opticienne, en vend depuis une à deux paires par mois : "La dernière commande, ça fait à peu près trois semaines pour nous. Et après, on a régulièrement un petit message pour savoir le prix, le délai." Mais le coup de projecteur n'aura pas suffi à sauver la société française à l'origine des verres. Elle vient d'être placée en liquidation judiciaire."Ce n'est plus le fournisseur français Dalloz", détaille la professionnelle, "C'est dommage parce qu'on a vu ces dernières années beaucoup de fabricants français liquidés." Les 29 salariés de Dalloz Creations vont donc perdre leur emploi. Fondée en 1957, l'entreprise fut pourtant pendant des années un fleuron du savoir-faire français. Christian Dalloz, fondateur de la marque, avait alors déclaré : "Nous doublons notre chiffre d’affaires tous les deux ans." La concurrence étrangère était loin de l'inquiéter : "On n'est pas plus intelligent, mais on n'est pas plus sots que les étrangers."Et pourtant, au fil des ans, c'est bien face à la concurrence étrangère moins chère que l'entreprise a vu son activité dégringoler, perdant 1 300 000 € entre 2023 et 2025. Fabriquer français tout en restant compétitif, c'est le défi pour toute la filière. Julien Forestier, président du syndicat des lunetiers du Jura, détaille : "Quand vous achetez des voitures en Asie, vous les payez à peu près 50 % moins cher que ce que vous achetez en France. Aujourd'hui, chez nous, tout ce qu'on fabrique, c'est compliqué d'aller chercher du prix."Selon le syndicaliste, depuis 2020, près d'une dizaine d'entreprises de lunettes ont disparu, sur les 50 que comptait le Jura.