La Chine a accusé jeudi Marco Rubio de la diffamer, après des propos du chef de la diplomatie américaine rendant hommage aux victimes de la répression sanglante de Tian’anmen en 1989 et dénonçant la « censure ».Il y a 37 ans, le 4 juin 1989, les dirigeants chinois avaient envoyé l’armée pour déloger les manifestants de la grande place Tian’anmen, au cœur de Pékin. Un épisode qui mettait fin à des semaines de protestations dénonçant la corruption et appelant à des réformes politiques.La répression reste un sujet tabou dans les médias de Chine continentale.« Aucune censure ne peut effacer le passé », a déclaré mercredi Marco Rubio dans un communiqué. « Ceux qui se sont sacrifiés pour défendre leurs droits inaliénables à la liberté d’expression et de réunion pacifique obtiendront un jour gain de cause », a-t-il ajouté.Les propos de M. Rubio « déforment les faits historiques, dénigrent le système politique et la voie de développement de la Chine », lui a répondu jeudi lors d’un point presse régulier Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.Elle l’a exhorté à « en finir avec les manœuvres de confrontation idéologique, et à mettre fin à ses ingérences dans les affaires intérieures de la Chine sous prétexte de démocratie et de droits humains », a-t-elle souligné.Le nombre précis des morts de la répression reste inconnu. Les autorités avaient indiqué qu’entre 200 et 300 personnes, dont des soldats, avaient été tuées. D’autres estimations font état de 400 à plus de 2000 morts.Dans le territoire semi-autonome de Hong Kong (sud de la Chine), Pékin s’est employé ces dernières années à faire disparaître toute commémoration publique. Une veillée annuelle aux chandelles y avait été organisée pendant des décennies, avant l’entrée en vigueur en 2020 d’une loi sur la sécurité nationale.Des journalistes de l’AFP ont constaté mercredi et jeudi un important déploiement policier aux abords du parc Victoria, lieu où avait lieu cette veillée par le passé.« Très limité »Des dizaines de policiers ont été déployés, des barrages ont été mis en place dans les rues, et des agents en civil ont interpellé et fouillé des militants.Dans le quartier commerçant voisin de Causeway Bay, une femme qui avait fait avec ses mains les gestes représentant les chiffres six et quatre (pour 4 juin) a été interpellée par la police.Chan Po-Ying, ancienne dirigeante du groupe pro-démocratie dissous Ligue des Sociaux-Démocrates (LSD), a elle aussi été conduite vers un fourgon de police.Elle déambulait dans le quartier en tenant une rose jaune en papier, que les policiers lui ont demandé de ranger.« Ce que nous pouvons faire aujourd’hui est très, très limité […]. Ce parc Victoria porte en lui 37 ans de mémoire collective des Hongkongais. J’espère que nous n’oublierons pas cette mémoire collective », a-t-elle déclaré à des journalistes avant son interpellation.Non loin, un homme de 29 ans explique avoir fait spécialement le déplacement depuis la Chine continentale pour se recueillir dans le parc et prier pour les victimes.« En tant que Chinois, lorsque l’on découvre cette histoire […], je pense qu’au début on est vraiment frappé, parce que la plupart des Chinois en savent très peu à son sujet », déclare-t-il.« C’est comme un feu qui brûle dans le cœur, la quête de la démocratie et de la liberté d’expression », affirme-t-il.
Pékin juge que les propos de Marco Rubio sur Tian’anmen «dénigrent» la Chine
Le chef de la diplomatie américaine a rendu hommage aux victimes de la répression sanglante de Tian’anmen en 1989.











