Le récit autobiographique de son enfance en République islamique d’Iran lui avait valu la consécration : l’autrice franco-iranienne de Persepolis Marjane Satrapi est décédée à Paris à l’âge de 56 ans, « morte de tristesse » un an après la disparition de son mari.« Marjane Satrapi morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », a indiqué son entourage dans un communiqué transmis jeudi à l’Agence France-Presse.Exilée en France depuis 1994, naturalisée en 2006, Marjane Satrapi avait marqué les esprits avec la saga autobiographique Persepolis (éditions l’Association) dans laquelle elle racontait la répression politique du temps du Shah d’Iran, son enfance sous le joug de la République islamique et son douloureux départ vers l’Europe.« Tu as changé le monde avec des bandes dessinées et tu t’en foutais des bandes dessinées. J’ai perdu ma soeur jumelle », a réagi sur Instagram le dessinateur français Joann Sfar. « Son œuvre a ouvert une voie que beaucoup ont suivie, et moi le premier », a complété Riad Sattouf, auteur franco-syrien de L’arabe du futur.D’un trait simple, servi par des planches en noir et blanc, Marjane Satrapi avait dépeint la grande complexité de la société iranienne et le choc intime et politique provoqué par l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeini en 1979.