Publié le 03/06/2026 22:43

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David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, était l’invité de Tout est politique sur franceinfo mercredi 4 mai.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.France Télévisions : Vous venez de rendre vos arbitrages. On vous a chargé de trouver 6 milliards d'euros d'économies supplémentaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient. Vous avez tranché, vous allez demander notamment un effort particulier à la police et à la justice. Comment est-ce que vous pouvez l'expliquer aux Français qui apprennent dans le même temps qu'il y a une jeune fille de 11 ans qui a disparu, que le suspect avait été visé par des plaintes dont une plainte il y a dix mois mais qui n'avait toujours pas été entendue par la justice, la justice qui manque cruellement de moyens. On a entendu le maire de cette petite commune du Gers dire "nous faisons les frais de décennies d'économies de la justice". Comment vous pouvez l'expliquer ça ce soir aux Français ?David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics : Je voudrais commencer par rappeler qu'il y a un effort d'investissement et d'augmentation des dépenses historiques depuis plusieurs années en faveur du ministère de l'Intérieur et du ministère de la Justice. En ce qui concerne le ministère de la Justice, on a atteint des niveaux de budget qu'on n'avait jamais atteints. On va continuer évidemment à le faire.Vous coupez 370 millions dans les autorisations d'engagement, c'est-à-dire dans les dépenses qui auraient pu être engagées.Il faut mettre cela en perspective avec les milliards d'euros d'augmentation que nous avons faits lors des dernières années et les recrutements de personnel de justice qui sont en cours, magistrats, greffiers et tous ceux qui permettent de faire vivre nos tribunaux. L'effort que nous demandons en matière de dépenses de l'État, est de moins de 1 % des dépenses de l'État. C'est moins de 1 % qui est aujourd'hui demandé pour faire face à la crise et dégager des aides d'urgence dont les Français ont besoin.On parle de nos enfants qui sont livrés potentiellement à des prédateurs sexuels. Est-ce qu'on ne peut pas se dire, 'la justice, on n'y touche pas parce que c'est trop important' ?Mais ce qu'on dit, c'est justement qu'on réinvestit dans le budget de la justice. Et je vous le redis là.Il y a bien 370 millions d'euros au moins.Vous devriez rappeler qu'on a augmenté de plusieurs milliards d'euros. Vous voyez, là vous parlez de mesures d'ajustement en cours d'année en millions. Là où moi je vous parle des milliards d'euros que nous engageons et que nous continuerons d'engager, évidemment dans les années qui viennent, pour la justice. En ce qui concerne l'affaire Lyhanna en particulier, évidemment c'est trop grave pour qu'on en parle comme ceux-là. Le garde des Sceaux et le ministre de l'Éducation nationale pourront faire toute la lumière sur ce qui s'est passé, y compris sur les enseignements.Quand Sébastien Lecornu vous a donné le cap pour le budget ou le chef de l'État, est-ce qu'il veut sanctuariser des choses ou est-ce qu'en gros il faut essayer de prendre tout ce qu'on peut récolter, couper partout ?Mais d'abord, je pense qu'il faut expliquer pourquoi on fait cela, parce que ça n'a pas toujours été le cas par le passé. Il suffit de voir les crises et les chocs précédents où il y a une augmentation massive de la dette et du déficit public. [...] La réalité, c'est que la grande partie de la classe politique fait pression depuis plusieurs semaines, plusieurs mois pour avoir beaucoup plus de dépenses et beaucoup moins d'économies.Avec beaucoup de choses sur lesquelles vous avez cédé.Mais parce qu'il y a une classe politique française qui en grande partie est accro à la dépense publique, qui dit ‘évidemment plus jamais ça’ dans les périodes de calme, mais dès qu'il y a un choc, une crise, redemande un coup de seringue. Et donc il faut faire extrêmement attention parce que notre priorité, c'est de protéger les Français face à la crise actuelle, celle qui a été déclenchée par la guerre dans le Golfe Persique, mais aussi d'être toujours capable de protéger les Français dans le cas où la crise durerait, et chacun voit bien les incertitudes géopolitiques, et aussi pour les futures crises, parce qu'on est désormais dans un monde où des chocs internationaux, on en a tous les ans ou presque.Qu'est-ce qui est sanctuarisé ?Le cœur des politiques publiques est sanctuarisé. Les investissements qui sont nécessaires pour pouvoir construire les places de prison. Gérald Darmanin a d'ailleurs engagé des projets innovants en la matière qui permettront de les faire de manière plus économe. Les personnels de justice, la masse salariale, par exemple, n'est pas touchée par les mesures que nous discutons aujourd'hui. C'est très important parce qu'on voit qu'en matière de justice, on a besoin d'avoir les personnels qui permettent de faire tourner les tribunaux.L'administration pénitentiaire, c'est moins de 70 millions d'euros. Ce que j'ai lu, c'est que c'était police, prison, écologie, emploi, 40 % des coupes et que le Premier ministre vous a demandé de faire des choix justement, de ne pas aller chercher un petit peu partout. Est-ce que vous pouvez l'assumer devant les Français qui nous regardent ? Est-ce que vous pouvez expliquer ces choix ?Oui, ce que j'explique et ce que j'assume, c'est qu'on a demandé des efforts à l'ensemble des ministères. L'ensemble des ministères sont concernés. L'ensemble des ministères vont faire des efforts parce que quand on parle de moins de 1 % des budgets de l'État, je ne veux pas entendre, ‘c'est pas possible de faire des efforts’. Enfin, on a face à nous des Français qui font eux-mêmes des efforts considérables dans leur vie quotidienne. On parle de moins de 1 % des dépenses et c'est indispensable.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité