Les nominations et les embauches au sein du gouvernement Trump se suivent, tout comme les controverses qui généralement les accompagnent.Dernière en date ? L’embauche d’un jeune insurgé du 6 janvier, condamné par la justice en 2023 et gracié par Donald Trump en 2025, au sein d’un bureau du Pentagone chargé des opérations spéciales et du contre-terrorisme. Une « nomination politique », admet candidement le département de la Défense, que plusieurs sources en interne voient d’un très mauvais œil, en raison de la participation de ce partisan du populiste à une attaque contre la démocratie américaine, rapportait cette semaine le Washington Post.Elias Irizarry, c’est son nom, avait 19 ans lorsqu’il a pris part à l’attaque du Capitole pour tenter, à l’appel de Donald Trump, de faire capoter la certification par le Congrès du vote de la présidentielle de 2020, remportée par Joe Biden. Armé d’une barre de fer, il est entré avec la foule par une fenêtre brisée, mais n’a agressé personne. Il a été condamné à 14 jours de prison, après avoir exprimé des regrets sur sa participation à ces émeutes. Il était le plus jeune des insurgés poursuivis par la justice.

Plus de cinq ans plus tard, le jeune homme vient d’être intégré au bureau du Pentagone chargé de la gestion d’opérations militaires hautement confidentielles. Le groupe, relevant de la division de la « guerre irrégulière et du contre-terrorisme », compte une quarantaine de personnes. Il agit dans un très grand secret pour assurer la sécurité de certaines ambassades, pour des opérations de récupération de personnel ou de libération d’otages dans des environnements hostiles et complexes.Par voie de communiqué, le porte-parole par intérim du Pentagone, Joel Valdez, a défendu cette embauche en parlant d’Elias Irizarry comme d’un « jeune professionnel qualifié » et d’un « patriote ». « Nous sommes fiers de le compter parmi nos nominations politiques » au sein du département de la Défense, a-t-il dit, cité par le quotidien américain. La classe politique républicaine est restée, pour le moment, silencieuse sur cette embauche.Ironiquement, en 2023, elle s’était insurgée devant l’entrée au sein de ce même bureau des opérations spéciales d’Ariane Tabatabai, une spécialiste de la sécurité nationale et du Moyen-Orient, alors cheffe de cabinet du Pentagone, et ce, en raison de ses liens, jugés problématiques, avec le gouvernement iranien.