Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Récits étrangers Récits étrangers Récits étrangers Ce texte court nous offre le monologue intérieur d’un homme égaré dans un univers immaculé, avant de prendre la forme d’une obsédante méditation sur la mort. Article réservé aux abonnés « Blancheur » (Kvitleik), de Jon Fosse, traduit du néo-norvégien par Terje Sinding, éd. Christian Bourgois, 80 p., 14 €, numérique 11 €. Le blanc sied à Jon Fosse. Dans ses romans comme dans son théâtre, c’est une couleur qui revient sans cesse pour suggérer le silence, l’effacement du monde sensible et une forme de présence spirituelle difficile à nommer. Qu’il renvoie à la lumière nordique, à la page de l’auteur ou au vide, le blanc, en effet, n’est jamais synonyme de pure absence chez le grand écrivain norvégien, comme en témoigne Blancheur, son dernier livre en date, dont la traduction paraît aujourd’hui en français. Ce texte date de 2023. Fosse l’a composé quelques mois avant de recevoir le prix Nobel de littérature. Un peu plus tôt, il avait mis un point final à sa monumentale Septologie, une somme en sept parties où, dans une prose hypnotique et quasi dépourvue de ponctuation, il explorait la conscience d’un peintre confronté à son double et à ses doutes. On comprend qu’après une telle entreprise – plus de 1 000 pages désormais disponibles en poche chez Bourgois – l’auteur ait éprouvé le besoin de « bondir à l’autre bout de lui-même » – expression qu’il avait employée à Oslo, lors de la première Conférence Jon Fosse, en 2025. De ce bond est né un texte court, 70 pages, qui emprunte autant au conte qu’à la parabole et semble concentrer, sous une forme cristalline, quelques-unes des grandes interrogations de son œuvre. Il vous reste 72.15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.