Publié le 02/06/2026 23:09

Mis à jour le 02/06/2026 23:17

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Panayotis Pascot, à l'affiche du spectacle "Entre les deux", est l'invité du 20 Heures, mardi 2 juin.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Léa Salamé : l'invité du 20 Heures est un artiste multicarte, très talentueux, auteur, acteur, réalisateur, producteur. Il a vendu 400 000 exemplaires de son premier livre, La prochaine fois que tu mordras la poussière, adapté au théâtre. Il joue son deuxième spectacle à guichets fermés et sera vendredi soir à l'Opéra Garnier à Paris pour deux représentations exceptionnelles. Panayotis Pascot, bonsoir.Panayotis Pascot : Bonsoir, merci. J'ai toujours pas le permis, si vous voulez le préciser.Ah, vous n'avez toujours pas le permis.Non, problème avec les créneaux, malheureusement. Mais j'y travaille. Merci beaucoup de me recevoir, merci infiniment.Parce que pour le reste, c'est plutôt pas mal. À seulement 27 ans, vous avez donc déjà signé un best-seller. Vous avez rassemblé 200 000 personnes déjà sur ce spectacle, qui s'appelle Entre les deux. Et maintenant, vous avez décidé donc de vous offrir la scène mythique de l'Opéra Garnier. Il n'y a que Gad Elmaleh qui l'a fait avant vous. La prochaine étape, c'est quoi ? Un duo avec Céline Dion ?Mon Dieu, le rêve. Cauchemar pour elle, je pense, je ne sais tellement pas chanter... Je pense qu'elle sait repérer les gens qui ne savent pas chanter de loin. Elle ne me proposera pas, mais c'est exceptionnel. Rien que de voir cette photo, ça m'émeut. Je me sens tellement chanceux. J'ai hâte. J'adore ce lieu.Faire du stand-up à l'opéra, c'est quoi ? Le mélange des genres ?Oui, mais c'est aussi un endroit de rencontre magnifique entre un art qui est assez jeune et un lieu qui est empreint d'une culture folle. Moi j'ai la chance de faire ce métier depuis dix ans, et on commençait il y a dix ans dans les caves à faire du stand-up, qui est un art assez particulier, c'est quand même faire des blagues seul avec un micro devant plein de gens. Et au bout de dix ans, de pouvoir faire un spectacle dans cette salle magnifique, c'est une joie, une célébration. J'ai tellement hâte et j'aime tellement ce métier que de pouvoir l'exercer là-bas, j'ai hâte, j'ai que ça à dire.Vous avez commencé dans des petites caves, dans des petites salles où il y avait trois spectateurs. Aujourd'hui, c'est plein. Ce qui est très intéressant chez vous, c'est que vous ramenez les jeunes, (...) vous parlez à une génération, vous dites vos doutes, vous parlez de santé mentale, vous parlez de vos angoisses, de votre mélancolie, de votre dépression, vous avez cassé beaucoup de tabous. Mais il y a aussi tous les âges, toutes les générations. Les jeunes amènent leurs parents, même leurs grands-parents. Il y a les urbains, les ruraux, les gays, les hétéros, il y a tout. Vous êtes fiers de rassembler, dans une France un peu fracturée ?Franchement, c'est exceptionnel. J'ai envie de toucher du bois, mais il n'y en a pas. Mais non, c'est exceptionnel. Ce que j'aime le plus dans ce métier, c'est que le stand-up, c'est un art particulier où plus on est personnel, plus on devient universel. Je me souviens que mon premier spectacle, ça m'a tellement marqué. Je jouais au Point Virgule, qui est une salle de 80 places à Paris. Il y a une dame de 87 ans qui était venue me voir et qui m'avait dit : "J'ai jamais entendu quelqu'un parler de ma vie comme ça." Je me disais, c'est une femme de 87 ans, j'étais un jeune homme de 22 ans à l'époque, et pourtant elle se reconnaissait. Et ça, c'est ce que j'adore dans ce métier, c'est qu'en fait quand on parle de soi ça crée des échos à des endroits. Et oui, partout en France, je vois qu'il y a tout type de public et il n'y a rien qui me rend plus heureux que de voir plein de gens qui pendant 1h30 rigolent ensemble de la même chose.Ceci dit, vous dites : "J'ai toujours été vioque", c'est votre expression.Oui, ça, j'ai toujours été un vieux monsieur. Toujours depuis tout petit, mes parents, ma mère me l'a dit il y a pas longtemps, elle m'a dit : "T'es assez vieux, je peux te le dire maintenant, tu m'effrayais quand t'étais petit." Je revenais dans le salon à 7 ans, j'étais là : "Ils ont dit quoi, les infos ?", je voulais tout suivre. J'ai fait six ans d'accordéon, j'ai choisi moi-même de faire six ans d'accordéon, quel vioque ! J'étais fan d'Indochine, pas le groupe, mais le pays. J'adorais l'Indochine, je regardais toutes les infos sur l'Indochine. Il se peut que je portais des bérets... J'ai pas besoin de tout vous dire non plus, c'est le JT. Mais j'étais un vioque, j'étais effrayant, je mangeais des pains au raisin... Bref, enfant étrange.Et c'est vrai que vous alliez tous les soirs, parce que vous aviez une vraie angoisse de la mort, vérifier que vos parents respiraient pendant leur sommeil. Alors qu'en général c'est l'inverse, c'est les parents qui vont voir si le bébé respire.Oui, je descendais dans les marches de l'escalier et j'écoutais. J'avais la chance, mon père a un ronflement dégueulasse, donc je pouvais savoir qu'il était en vie. Ma mère, c'était plus compliqué, donc j'allais la réveiller. Et au bout d'un moment, ils m'ont emmené chez le psy pour ça, parce que je disais aux gens que je touchais mes tétons pour disparaître. Je n'avais pas prévu de dire ça au JT, mais ça fait partie de mon enfance particulière. Et au bout d'un moment, mes parents ont trouvé la solution. Ils ont acheté un babyphone qu'ils ont branché et je pouvais les entendre. Donc je crois que je les ai entendus pendant des années ronfler, je pense que je les ai un peu privés de sexualité. Et je profite du JT pour m'excuser : Papa, Maman, désolé ! Je ne suis plus à la maison, profitez ! Mais oui, effectivement, j'étais très, très angoissé.Et vous êtes aussi angoissé jeune adulte.Merci de me le rappeler.Non, parce que vous en avez parlé dans vos livres. Vous avez brisé le tabou de la santé mentale. Vous avez parlé de votre dépression très grave. La dernière fois que je vous ai interviewé, il y a quelques mois, vous disiez : "La vie, c'est 12 sur 20." Est-ce que c'est toujours 12 sur 20 ou on est à 13, 14, là ?Là, actuellement, avec vous, je crois que je suis à 14, 16, même. Oui, souvent, on grandit avec plein de gens un peu plus âgés qui vous disent que "tu verras, la vie, ça va être cool, ça va être ouf, ça va être dingue." Et je trouve que ça met une espèce de pression. J'ai grandi en me disant qu'il fallait que la vie soit incroyable et en fait, la vie, c'est fait de plein de petits pas de côté, plein de petites nullités par moment. Effectivement, dans le spectacle, je raconte ça. On dit que la vie, c'est ouf, parce que c'est un biais cognitif. C'est parce que tous les trucs qu'on trouve dingues, si on réfléchit bien, ils sont compris dans la vie. Parce que la vie est un concept que je qualifierais d'englobant.Mais si on réfléchit comme ça, ça veut dire que tous les trucs nuls sont aussi compris dans la vie. Il faut faire une moyenne. Et moi, ça m'a apaisé de faire une moyenne. Dans la vie, il y a la mort, il y a les amputations, il y a la guerre, il y a les chou-fleurs. Mais il y a aussi les glaces. Et hop, on arrive à 12 sur 20.C'est pas mal, 12 sur 20, alors.On passe à l'année d'après, à l'école, avec 12 sur 20. Et on a moins de poids sur les épaules, parfois. Donc je me dis que la vie, c'est 12.Le spectacle s'appelle Entre les deux, à l'Opéra Garnier. Les places se sont vendues en quelques secondes. Ça, ce sera deux représentations exceptionnelles vendredi. En revanche, vous continuez en tournée partout en France tout cet été. Merci, Panayotis Pascot, d'avoir été avec nous.Merci de m'avoir invité. Merci beaucoup.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité