Serge QuoidbachRédacteur en chef adjoint02 juin 2026Aujourd'hui à 21:29L'Echo, AKT for Wallonia, la fondation Pulse et Wallonie Entreprendre lancent "Wallons-y", une initiative dont l'un des axes vise à fédérer deux mondes qui se toisent: l'enseignement et le monde de l’entreprise. Une nécessité pour redynamiser la Région.L’âge adulte, dit-on souvent, c’est celui où on réalise ses rêves d’enfant. Derrière cette vision un peu tarte à la crème se cache en creux une réalité trop souvent vécue en Wallonie: celle où le travail est un mal nécessaire, l’entreprise un lieu d’exploitation, les financiers des presseurs de citron avides de profits. La raison: l’entrepreneuriat, peu connu des Wallons, ne coule pas dans leurs veines.Une image caricaturale? Peut-être. Un mal connu, certainement. Et identifié: le monde de l’entreprise reste marginalisé dans les cours de nos jeunes; là, justement, où leurs rêves se façonnent.Là aussi où veulent agir L'Echo, la Fédération des entreprises wallonnes AKT for Wallonia, la fondation Pulse et Wallonie Entreprendre, le bras financier de la Région: faire entrer l’entreprise dans les classes, et les profs dans les entreprises, et ce, dès l’école secondaire. C’est l'un des axes de ce mouvement de fond ouvert à quiconque voulant faire grandir l'esprit d'entreprendre.Odoo et I-care: deux arbres qui cachent la forêtComment, sinon, transformer la créativité des jeunes – et leurs rêves – en activités business qui puissent redynamiser la Région? Comment, sinon, valoriser au mieux ces trésors insoupçonnés de découvertes en tous genres réalisées dans nos universités? Comment, plus singulièrement, faire en sorte que la super bactérie Akkermansia, dont les bienfaits sur le microbiote intestinal ont fait l’objet à l’UCLouvain d’études reconnues mondialement par le professeur Patrice Cani (auréolé ce mardi du prix Francqui), ne soit, in fine, vendue au groupe Danone – une fierté, certes, mais sans autre plus-value pour la Wallonie?Ou encore rêver d’un écosystème aussi structuré qu’à Gand dans la Tech, classé la semaine passée 10ᵉ écosystème mondial par habitant. Là où l’université a créé des fondateurs d’entreprises, dont les employés ont aussi fondé leurs boîtes, à leur tour financées par ceux qui ont vendu la leur. Un système autoportant qui fait de la ville flamande et de son navire amiral Wintercircus cet éclat d’entrepreneuriat au rayonnement international.Il serait faux d’écrire que la Wallonie n’a pas déjà de splendides réussites à son actif, qu’on en veuille pour preuve nos deux licornes Odoo et I-care, la première valorisée à près de 9 milliards d’euros et la deuxième à plus d’un milliard. Mais ces deux arbres, à la ramure grimpante souvent mise en avant, ne peuvent plus cacher la forêt de trésors inexploités qui sommeillent dans la Région. Pour réveiller la Wallonie, économiquement mais aussi culturellement, il faudra, dès sa plus tendre jeunesse, lui donner l’esprit et le goût d’entreprendre, les outils pour passer du rêve de l’enfant à la réalité de l’adulte.