Publié le 02/06/2026 20:54
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France Télévisions fait part de ses révélations sur le casse du Louvre, sept mois après le vol spectaculaire des joyaux de la couronne. L'étau se resserre autour de quatre suspects. Ils doivent être prochainement entendus par un juge d'instruction. Le patron de la brigade de banditisme détaille les contours de l'enquête.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.C'est dans un parking d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), 37 minutes après le casse, que les joyaux de la couronne ont été vus pour la dernière fois. Sept mois plus tard, les enquêteurs ont acquis des certitudes sur l'organisation des quatre suspects du commando et sur la recherche des bijoux. Révélations sur une enquête qui pourrait s'accélérer.Ce sont les écoutes téléphoniques qui vont fournir aux enquêteurs de précieuses indications. Trois suspects ont été identifiés grâce à leur ADN et incarcérés six jours après le cambriolage. Il s'agit de Slimane K., Ghelamallah A., Abdoulaye N., âgés de 27 à 39 ans, tous originaires de Seine-Saint-Denis. Mais un quatrième suspect est dans le viseur des enquêteurs, Rachid H. Lui est laissé libre et mis sous surveillance. Il est le propriétaire du parking d'Aubervilliers et d’une voiture blanche dans laquelle il aurait chargé les bijoux avant de disparaître.Pour les enquêteurs, Rachid H. fait figure de meneur. Dans une conversation avec sa compagne, il emploie le mot "truc", un mot qui pourrait désigner les bijoux. "Pour le moment, il ne faut pas me parler d'argent, je n'ai pas une thune. Il m'a dit : ‘Les trucs, ils sont où ?’ Je lui dis : ‘T'inquiète pas pour les trucs’", écrit-il.Puis un cinquième homme apparaît, un certain Achour, jamais identifié. Il craint avoir été vu en sa compagnie. Pour les enquêteurs, c'est un possible complice. "Achour, j'étais avec lui deux jours avant. Il s'est taillé au bled", écrit Rachid H. Ce mystérieux Achour a-t-il emporté les bijoux au Maghreb ? Ou sont-ils toujours cachés du côté d'Aubervilliers ? Ce sont aujourd'hui les deux hypothèses privilégiées par les enquêteurs.Ils en sont convaincus, le commando a agi seul. C'est ce qu'a accepté de nous révéler le patron de l'enquête. "La procédure ne montre pas qu'il y a un commanditaire. Leur opération est bien montée, on a vu au cours des perquisitions qu'ils utilisaient des méthodes. Par exemple, des routeurs téléphoniques. Ils n'ont pas de puce dans leur téléphone : ils utilisaient des routeurs. Il y avait des détecteurs de balises. C'est quand même la marque de dispositif utilisée par le grand banditisme", indique Pascal Carreau, commissaire général Brigade de Répression du Banditisme.Cette semaine, les juges d'instruction vont entendre chacun des membres du commando et exploiter leurs divergences pour tenter de percer le mystère. Déjà, dès le début de l'enquête, les écoutes révélaient un groupe pas vraiment soudé. Voilà comment Rachid H. désignait l'un d'eux dans une conversation avec sa compagne : "Il s'est blessé il a laissé son ADN sur la vitre et l'autre, ce gogolito de première, lui c'est une erreur il a dit "on m'a envoyé", mais moi je le connais pas."L'avocate de l'un d'eux pointe également des contradictions entre les suspects. "En tout cas, ce qui est certain, c'est que les versions diffèrent entre les différents mis en examen. Donc, a minima, il va falloir s'accorder et comprendre ce qu'il en est", note Me Sarag Mouger-Poliak, avocate d’un suspect.Le butin pourrait s'avérer très encombrant, car presque impossible à vendre, affirme le commissaire : "La marchandise, je pense qu'elle est très difficile à receler. Il faut trouver un acheteur qui soit prêt à mettre une somme considérable pour récupérer des objets qu'il va laisser dans un coffre sans en parler jamais à personne. Vous avez des pierres de taille ancienne qui sont très difficiles à retailler et avec une qualité qui n'est plus admissible aujourd'hui en haute joaillerie." Les quatre suspects finiront-ils par livrer leurs secrets et indiquer où se trouvent les bijoux dans l'espoir que la justice puisse se montrer clémente ?






