Le rappeur avait publié sur X des propos à dimension “sexiste” et “essentialisante” à l’encontre de la journaliste Linh-Lan Dao, qui avait publié un article de factchecking scientifique dénonçant sa “dérive complotiste” en 2024. Booba a écopé de trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende. Photo Matthieu Mirville/DPPI via AFP Par Télérama, avec AFP Publié le 02 juin 2026 à 17h49 Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, mardi, le rappeur Booba à trois mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende pour cyberharcèlement et injure raciale envers une journaliste de France Télévisions. La journaliste Linh-Lan Dao a porté plainte en avril 2024 contre le chanteur pour l’avoir « jetée en pâture » à la « meute » numérique de ses plus de 6 millions d’abonnés sur le réseau X, à la suite d’un article de factchecking scientifique dénonçant la « dérive complotiste » de l’artiste pour avoir évoqué un lien entre les vaccins contre le Covid et la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Dans les heures suivant la publication de son article, Elie Yaffa avait notamment proposé sur le réseau social à la journaliste « un strip poker sans cartes » autour « d’un bon wok de légumes ». « La dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant », a estimé le tribunal dans sa décision consultée par l’AFP. Pour les juges, les messages sur X de Booba « visaient à s’en prendre, par des attaques gratuites, à une journaliste dans le cadre de sa profession, au seul motif que ses investigations parvenaient à une conclusion différente de la sienne, pour la faire taire ». Le tribunal a condamné le rappeur, qui ne s’était pas présenté au procès le 1er avril, à verser 4 000 euros de dommages-intérêts à la partie civile. Booba a fait appel « Le tribunal a reconnu qu’Élie Yaffa “Booba” ne pouvait pas ignorer qu’une meute allait être enclenchée à la suite de ses messages, c’est-à-dire qu’il a reconnu en quelque sorte sa responsabilité en tant que leader avec une communauté », s’est félicité auprès de l’AFP à l’issue du jugement Maitre Ilana Soskin, avocate de la journaliste. « Je me sens extrêmement soulagée et satisfaite du jugement », a réagi auprès de l’AFP Linh-Lan Dao, « j’espère que je vais pouvoir tourner la page ». Dans un autre dossier appelé à la même audience, Booba a également été condamné à 20 000 euros d’amende pour injure raciale envers le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui avait dénoncé sur X le cyberharcèlement de Linh-Lan Dao, pour des messages faisant allusion à son nez, « reprise du stéréotype antisémite le plus éculé » selon le tribunal. L’avocate de Booba, Maitre Marie Roumiantseva, a indiqué à l’AFP faire appel des deux condamnations. À lire aussi : Comment Magali Berdah a fait saisir 40 millions d’euros sur la fortune de Booba “à titre conservatoire” Musique Justice France Télévisions Rap Cyberharcèlement Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner