Monde AmériquesDonald TrumpEtats-Unis. Le 47e président des Etats-Unis, ancien magnat de l’immobilier, a fait de l’architecture son quatrième pouvoir. Et il y exprime ses plus folles lubies. Publié le 02/06/2026 à 08:00bookmarkLe président américain Donald Trump présente des images du projet sur le chantier de la future salle de bal de la Maison-Blanche à Washington, le 19 mai 2026.REUTERSDans une autre vie, Donald Trump s’appelait John Baron. Planqué derrière ce pseudonyme de gentilhomme, le promoteur du Queens enfumait sans vergogne la presse américaine, tour à tour "porte-parole", "représentant" ou "vice-président" de son propre empire, la Trump Organization. Idéal pour raconter tout – et surtout n’importe quoi – à la place du vrai patron. Ce 6 juin 1980, Donald, aka John, décroche son téléphone pour une opération de com’ éclair. Le tout-New York bruisse du massacre architectural commis la veille à l’angle de la 56e rue et de la Cinquième Avenue. S’y dresse le mythique grand magasin Bonwit Teller, avec ses bas-reliefs de 1929, joyaux de l’architecture Art déco : deux nus féminins stylisés en mouvement, 4,5 mètres de haut chacun, disposés de part et d’autre de la façade, au niveau du 8e étage. La scène est sidérante : perchés sur un échafaudage, des ouvriers pulvérisent les œuvres à coups de marteaux-piqueurs. Les danseuses de calcaire s’effondrent, réduites en miettes. Ordre de Donald Trump. Le trentenaire vient d’acquérir l’édifice, qu’il veut abattre illico pour ériger là sa Trump Tower à 100 millions de dollars. Tant pis pour la promesse de don faite au Metropolitan Museum of Art. Aux journalistes médusés, "John Baron" assure que ces sculptures étaient "sans intérêt artistique". Rendez-vous compte, leur dépose aurait coûté 32 000 dollars et retardé les travaux de dix jours ! Pas le temps de finasser. Et si ce carnage peut faire un peu de pub à la holding familiale, c’est tout bénéfice. Le trumpisme est né, sa boussole avec : la destruction pour esthétique. .