Publié le 01/06/2026 09:09
Mis à jour le 01/06/2026 09:09
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Si le secrétaire national du Parti communiste français ne se prononce pas encore sur son éventuelle candidature pour l'Elysée, il rappelle ce 1er juin dans les "4V" la ligne actuelle de son parti, qui refuse de suivre les insoumis, ou Place publique, de Raphaël Glucksmann.
Interrogé dans les "4 Vérités" ce lundi 1er juin sur une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2027, Fabien Roussel ne souhaite pas encore se prononcer. Le patron du PCF et maire de Saint-Amand-les-Eaux, dans les Hauts-de-France, rappelle qu'un congrès du parti aura lieu les 6 et 7 juin pour que les militants se positionnent sur ces sujets. "Je veux de l'action aujourd'hui et pas attendre 2027", souligne-t-il par ailleurs en évoquant la crise en cours.Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Gilles Bornstein : La victoire du PSG, c'est la victoire du foot français ou de milliardaires Qatari ?Fabien Roussel : C'est la victoire d'une belle équipe qui a doublé en Champions League, la plus belle des coupes d'Europe. Et donc, il faut saluer l'exploit sportif d'abord. C'est incroyable. Deux années de suite, le back-to-back, deux étoiles. C'est une fierté pour la France d'avoir une telle équipe. En plus, ils sont tous jeunes, 23 ans de moyenne d'âge. Dit le supporter lensois. Dit le supporter lensois, mais franchement, face à Arsenal qui a fait le jeu de la défense pendant toute la durée du match, franchement, c'est une belle victoire et c'est une fierté pour la France, oui.Le président de la République a parlé de "violences inqualifiables". À l'instant même, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, appelé à des consignes d'extrême fermeté. Est-ce qu'ils ont raison ? Oui, parce que les violences qui ont émaillé la fin du match, elles sont forcément inacceptables, intolérables. Elles nécessitent bien sûr des mesures de justice qui vont être prononcées aujourd'hui, les plus fermes. Que ceux qui ont commis ces violences soient condamnés, condamnés y compris à payer, à réparer. Et moi, j'apporte tout mon soutien d'abord aux hôteliers, aux restaurants, à ceux qui ont subi ces dégradations et aux forces de l'ordre. Sans réserve ? Mais bien sûr, sans réserve. Ils étaient en première ligne pour essayer de protéger les populations, les biens. C'est pas bien. Mais ce que je voudrais qu'on retienne, justement, de cet exploit du PSG, c'est la fête. Et hier, tout s'est très bien passé, globalement. Et donc, il faut d'abord retenir la fête. Le sport, ça doit rester la fête. Comme la victoire de Lens en Coupe de France ou comme celle de Montpellier au rugby : ça doit rester la fête, et c'est ça que j'aimerais que l'on retienne.Au rugby, c'est Bordeaux qui a gagné la Coupe d'Europe. Clémence Guetté, la députée LFI, elle, dit: "La police a chargé des gens qui ne faisaient rien. Ils ont tiré des grenades sur des familles, des jeunes gens simplement parce qu'ils étaient là." Comment jugez-vous ces commentaires de cette députée LFI ?Je ne les partage pas, je renouvelle mon soutien aux forces de l'ordre qui sont en première ligne. Ce n'est pas simple. Certainement qu'il faut revoir les dispositifs, parce qu'il faut constater qu'il y a quand même eu des violences et des dégradations et donc il faut pouvoir les anticiper, mais faire en sorte que ça reste une fête. En revanche, j'ai entendu des propos intolérables encore une fois sur les médias de Bolloré et CNews qui font des amalgames honteux en mêlant, pêle-mêle, les dégradations à l'issue du match avec les concerts d'Aya Nakamura ou le concert du rappeur Damso et on voit les amalgames qui sont faits.Amalgames entre les violences et l'immigration, c'est ce que vous voulez dire ?Exactement. Les propos de Zemmour, ça, c'est honteux et ces relents racistes qui viennent commenter ces dégradations sont insupportables eux aussi.Le président de la République réunit aujourd'hui son dernier sommet "Choose France". C'est bien, ces rencontres qui attirent des patrons ? Vous, au pouvoir, est-ce que vous les conserveriez ?Écoutez, qu'il y ait 75 milliards d'euros d'investissements étrangers directs en France, c'est une bonne chose. C'est bien la démonstration que la France est attractive, quoi qu'on en dise, et que c'est intéressant d'investir en France. C'est le salon Choose France. Moi, j'aimerais bien faire le salon où c'est la France qui choisit les entreprises et qui fait le choix de réindustrialiser le pays. Je suis venu avec deux visuels ; Michelin qui supprime 1 500 emplois, et de l'autre côté, c'est Fibre Excellence en Occitanie, en Comminges, où j'étais samedi soir. Chez eux, 670 emplois sont menacés, ils fabriquent de la pâte à papier, la seule boîte en France. Elle est menacée de fermeture. Si elle ferme demain, la pâte à papier, elle va venir du Brésil ou de Chine. C'est ça, ce que nous, nous défendons, c'est de conserver des filières industrielles qui sont indispensables pour notre pays. Pour ça, attirer des investissements comme le fait le président de la République, c'est utile ? Et donc attirer des investissements, c'est utile, mais il faut donner un sens à ces investissements. Il faut que ça crée des emplois, que ça crée de la richesse, mais surtout il faut préserver celles qui existent en France. Et donc, c'est beau d'investir des investissements d'étrangers : je le soutiens, pas d'état d'âme. Mais, il y a des investissements en France à faire pour maintenir les emplois qui existent. Et là, la France a un rôle à jouer important. Fabien Roussel, serez-vous candidat à l'élection présidentielle ?Alors ça, ce sont les communistes qui en parlent en ce moment, parce que nous avons un congrès, où il y a entre autres ce sujet. Ce qui nous préoccupe d'abord, c'est la situation de crise sociale que vivent les Français aujourd'hui. Je sais, vous voulez m'interroger sur la présidentielle.Mais vous avez envie d'être candidat ? Moi, je peux vous dire ce que je ferais si j'étais président de la République, aujourd'hui. Ça, je peux vous en parler. L'élection présidentielle, c'est en mai 2027. Nous, ce que l'on souhaite, c'est que ça change aujourd'hui. Nous demandons les 5 % d'augmentation de salaire. On demande de bloquer les prix de l'essence. Le Smic augmente aujourd'hui ; 35 % nets. Mais il y a 70 % des branches professionnelles où les salaires sont en dessous du Smic. Vous vous rendez compte de ça ? La smicardisation de la France, elle est en route en ce moment. Le meilleur moyen de changer tout ça est d'être président, donc candidat. Mais bien sûr, l'élection présidentielle, elle devra, pour nous, porter essentiellement sur cette crise sociale, cette crise énergétique, cette crise de l'emploi que subissent les Français. Et donc, mener ce combat, ça nous importe. Le PC pourrait soutenir Jean-Luc Mélenchon ? Nous sommes aujourd'hui en train de débattre de toutes ces questions-là. Les communistes décideront, voteront. J'ai exprimé mon opinion, et j'ai dit clairement qu'entre le choix de Jean-Luc Mélenchon et celui de Raphaël Glucksmann, pour nous, il n'est pas envisageable de soutenir ou l'un ou l'autre. Donc, c'est le choix Fabien Roussel…Les communistes décideront souverainement et ils pourront voter sur ces choix-là. Ce qui nous préoccupe, c'est les combats que nous avons à mener largement ensemble, et j'invite toute la gauche à se mobiliser avec nous en ce moment devant les préfectures, devant les stations essence. Nous allons avoir des rassemblements en Haute-Garonne, dans le Doubs, en Eure-et-Loir, en Gironde, justement pour appeler le gouvernement à bouger. Je veux de l'action aujourd'hui et pas attendre 2027.















