Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Disparitions Disparitions Disparitions Politique Politique Politique Pendant son demi-siècle de mandat, il avait transformé l’ancienne ville ouvrière des Hauts-de-Seine en un « médialand », accueillant les sièges de nombreux médias. Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, il s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 85 ans. Article réservé aux abonnés D’André Santini, il serait tentant de ne garder que les bons mots, sa grande spécialité. En 1989, il avait décroché une première fois le prix de l’humour politique pour avoir exécuté d’un trait le ministre de la justice d’alors : « Saint-Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland ! » Il avait récidivé l’année suivante, au détriment de l’archevêque de Lyon : « Mgr Decourtray n’a rien compris au préservatif. La preuve, il le met à l’index. » Autre flèche, à propos de Raymond Barre : « C’est mon compagnon de chambre. Il dort à côté de moi à l’Assemblée. » L’ancien député, mort dans la nuit de dimanche à lundi 1er juin à l’âge de 85 ans, n’était cependant pas qu’une figure truculente de la politique française, immédiatement identifiable à son crâne en boule de billard, son éternel cigare et sa bedaine. Maire d’Issy-les-Moulineaux durant plus de quarante-cinq ans malgré des pratiques contestées et des accusations d’agression sexuelle, baron de l’Union pour la démocratie française (UDF), plusieurs fois ministre, ce « vieux briscard », comme il se présentait lui-même, constituait avant tout un pilier de la droite, en particulier dans une de ses plus belles places fortes, les Hauts-de-Seine. Sa gouaille, ses blagues soigneusement travaillées et compilées dans des livres, ses vacheries débitées à la radio et la télévision constituaient autant d’outils lui assurant une solide notoriété, mise au service de son ambition politique. « Retrouvons le sourire », clamait son slogan de 2004, lorsqu’il menait la liste UDF aux élections régionales en Ile-de-France. On aurait cru le titre d’une émission. Il vous reste 73.64% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.